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Il reproche aux Kurdes de "mettre la merde à Marseille" : un sous-préfet sommé de s'expliquer

Le directeur de cabinet du préfet de police des Bouches-du-Rhône a tenu des propos polémiques, la semaine dernière, lors d'une rencontre avec des Kurdes, à propos de l'organisation d'une manifestation.

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Le directeur de cabinet du préfet de police des Bouches-du-Rhône, Gilles Gray (G), participe à une conférence de presse, le 11 août 2013, à Marseille (Bouches-du-Rhône). (BORIS HORVAT / AFP)

Ses propos à l'encontre d'une délégation de Kurdes de Marseille sont peu amènes. Le directeur de cabinet du préfet de police des Bouches-du-Rhône devra s'en expliquer, notamment auprès du ministère de l'Intérieur, a déclaré, mercredi 8 octobre, le préfet de police.

Le quotidien La Marseillaise a rapporté et diffusé des extraits de l'enregistrement de ces propos, tenus, la semaine dernière, lors d'une rencontre à la préfecture entre le sous-préfet Gilles Gray et une délégation de la communauté kurde, à propos de l'organisation d'une manifestation. Ce sont les membres de cette délégation qui ont enregistré la conversation.

"Les Marseillais se foutent" de la guerre en Syrie

Gilles Gray reproche notamment à ses interlocuteurs de "mettre la merde à Marseille" au lieu de combattre au Kurdistan, leur lançant : "Vous avez vos sœurs et vos frères qui sont là-bas, il faut les aider d'une manière ou d'une autre. C'est pas en faisant les cons sous l'Ombrière [située sur le Vieux-Port, et où se terminent de nombreuses manifestations à Marseille] que vous allez les aider."

Evoquant leurs manifestations et leur cause, le sous-préfet assure en outre à ses interlocuteurs que "les Marseillais s'en foutent, les Français de manière générale ont tellement de soucis, les gens s'en foutent".

"Ces propos ne sauraient engager l'Etat"

"L'entretien était lié à un changement de trajet d'une manifestation prévue, annoncé hors des délais légaux", a expliqué le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Jean-Paul Bonnetain. "Il a duré plus d'une heure, et au-delà de son objet premier, il s'est poursuivi avec des propos plus informels et plus personnels, tant dans la forme que dans le fond", a-t-il poursuivi.

"Ces propos ne sauraient engager l'Etat, mais ils posent question car ils sont tenus dans le cadre de l'exercice de fonctions" de sous-préfet et directeur de cabinet du préfet de police, a ajouté Jean-Paul Bonnetain. "Face à cette situation, la personne en question a été invitée à apporter les explications utiles pour envisager les conséquences que l'administration estimera opportunes. C'est une affaire qui, par sa sensibilité, retient l'attention de l'administration centrale", c'est-à-dire du ministère de l'Intérieur.

La communauté kurde de Marseille a manifesté quatre fois au cours des derniers jours pour attirer l'attention sur le sort de la ville kurde de Kobané, en Syrie, sur le point de tomber aux mains des jihadistes de l'organisation Etat islamique.

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