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Divisions en Egypte, au 14ème jour de contestation

14ème jour de contestation en Égypte, et le doute qui s'insinue dans les esprits, alors que des propositions de réformes ont été conclues entre opposition et régime. Faut-il continuer la mobilisation coûte que coûte, au risque de ralentir l'économie ? Faut-il poursuivre le siège de la place Tahrir, au risque de subir la répression du régime ?
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Radio France
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 (Radio France © France Info)

Ils sont encore quelques milliers, de jour comme de nuit, à occuper la place Tahrir, bastion des anti-Moubarak, en plein cœur du Caire. Ils dorment sous des bâches installées au pied des chars de l'armée, pour éviter que ceux-ci ne s'aventurent à évacuer le site emblématique. Parmi eux, les premiers jeunes contestataires qui ont annoncé hier la formation d'une coalition, et assuré qu'ils ne videraient pas les lieux tant que le président Hosni Moubarak ne quitterait pas le pouvoir. Le bras-de-fer est engagé et peut durer longtemps, à en croire la détermination du raïs à aller jusqu'au bout de son mandat.

Dernière bravade en date : les manifestants ont empêché ce matin des fonctionnaires d'accéder à la "Mugama", un imposant édifice gouvernemental à l'architecture d'inspiration soviétique. Fermé depuis le 25 janvier, le bâtiment, qui héberge des milliers de fonctionnaires, avait pourtant partiellement rouvert ce dimanche.

Une occupation qui se poursuit, alors que les Frères musulmans, pour la première fois en un demi-siècle, ont accepté hier de s'asseoir à la table des négociations avec le pouvoir et plusieurs autres forces d'opposition. Il en est sorti un texte prévoyant "une
transition pacifique du pouvoir basée sur la Constitution" et demandant "la levée de
l'état d'urgence en vigueur depuis 1981" dans le pays. "Insuffisant", selon les Frères musulmans. "Opaque", selon l'autre figure de l'opposition Mohamed ElBaradeï, qui assure n'avoir pas été invité.

Reprendre ou pas une vie normale

Devant cette amorce de dialogue et la longueur du conflit, certains ont décidé de reprendre une vie normale, par pragmatisme. Les banques et commerces ont rouvert leurs portes. La circulation sur les routes et les ponts a été rétablie.

D'autres manifestants ont arrêté marches et slogans, par peur des représailles. Si l'on a beaucoup parlé des arrestations et intimidations des journalistes étrangers, ce sont eux, les manifestants de la place Tahrir qui ont été les premiers à subir les pressions du régime.

Enfin, l'Égypte est divisée sur le rôle des pays étrangers et notamment des Américains. Les médias nationaux notamment évoquent l'ingérence de certains États et accusent les journalistes étrangers de s'être rendus coupables d'espionnage au service d'Israël.

Ce matin, des inconnus ont tiré quatre roquettes sur une caserne de police dans la ville de Rafah, à la frontière entre l'Égypte et Gaza. Mais, sans revendication, on ignore si cette attaque a un rapport avec la contestation anti-Moubarak ou non.

Cécile Quéguiner, avec agences

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