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Deux émissaires de haut rang de l'ONU ont exigé la fin des attaques contre la ville rebelle assiégée de Misrata

Il s'agit de faciliter la fourniture d'une assistance humanitaire à tous ceux qui en ont besoin", a rapporté lundi le porte-parole de l'ONU, Farhan Haq.La Grande-Bretagne va évacuer 5.000 personnes par bateau. Dans l'est, les rebelles tiennent toujours la ville stratégique d'Ajdabiya, où des combats ont eu lieu lundi.
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A l'hôpital de Misrata, le 17 avril 2011, un docteur visite un enfant blessé à la tête par un obus. (AFP - Odd Andersen)

Il s'agit de faciliter la fourniture d'une assistance humanitaire à tous ceux qui en ont besoin", a rapporté lundi le porte-parole de l'ONU, Farhan Haq.

La Grande-Bretagne va évacuer 5.000 personnes par bateau. Dans l'est, les rebelles tiennent toujours la ville stratégique d'Ajdabiya, où des combats ont eu lieu lundi.

Le chef de l'ONU Ban Ki-moon, en voyage officiel en Hongrie, a indiqué lundi que l'ONU prévoit d'étendre, en collaboration avec la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge, l'aide humanitaire à Tripoli.

A Misrata, grande ville de l'ouest de la Libye assiégée par les forces pro-Kadhafi, un millier de personnes ont péri en six semaines selon des sources médicales.

Les forces fidèles au colonel Kadhafi ont à nouveau bombardé lundi Misrata d'où l'ONU s'apprêtait à évacuer 5.000 personnes. Des émissaires de l'ONU ont exigé du Premier ministre libyen Al-Baghdadi Ali Al-Mahmoudi la fin des attaques contre la ville rebelle assiégée lors d'une rencontre dimanche à Tripoli.

17 personnes ont été tuées dimanche dans les combats à Misrata, et une centaine de personnes, des civils pour la plupart, ont été blessées.

Selon un journaliste de l'AFP, les bombes et les snipers font de plus en plus de victimes à Misrata: dans les services d'urgence du principal hôpital de la ville assiégée, les 60 lits sont tous occupés.

Selon la direction de l'hôpital, un millier de personnes ont été tuées et 3.000 blessées depuis le début des combats fin février, qui se sont à nouveau intensifiés en fin de semaine dernière. "80% des morts sont civils", indique l'administrateur de l'établissement, le Dr Khaled Abou Falgha.

Au moins 17 personnes ont été tuées et 71 blessées pour la seule journée de dimanche dans la grande ville côtière située à 200 km à l'est de Tripoli, a-t-il précisé.

Affrontements meurtriers au sud-ouest de Tripoli

Plus de 100 personnes ont été tuées en 48 heures à Nalout et Yefren, deux villes au sud-ouest de Tripoli pilonnées par les forces loyales à Mouammar Kadhafi. Les forces loyalistes ont pilonné lundi la région d'Al-Jabal Al-Gharbi contrôlée en grande partie par la rébellion. "Les bataillons de Kadhafi n'ont pas arrêté le pilonnage de la région, surtout Yefren et Nalout, avec des roquettes Grad. Il y a eu 110 morts parmi les rebelles et les civils dans ces deux villes", a déclaré à l'AFP un habitant de Yefren.

Un résident de Nalout, localité proche de la frontière tunisienne, a indiqué que les forces pro-Kadhafi étaient "en train de perpétrer un massacre" dans cette région montagneuse, faisant état d'au "moins 100 morts en deux jours". "Plusieurs familles ont fui vers la Tunisie", a-t-il ajouté. Un autre témoin dans la ville de Ghazaya, au nord-ouest de Nalout, évoque des combats incessants à la mitrailleuse lourde et aux roquettes depuis dimanche soir.

Les bombes à sous-munitions font des ravages
Le Dr Khaled Abou Falgha confirme avoir constaté, depuis quelques jours, de graves blessures causées par des bombes à sous-munitions, que les forces loyales au dirigeant Mouammar Kadhafi sont accusées par les rebelles et l'organisation Human Rights Watch d'employer depuis jeudi.

L'emploi de ces armes, prohibées par une convention internationale en raison des dommages qu'elles sont susceptibles de causer aux populations civiles, a nécessité de nombreuses amputations, selon le médecin.

Les blessures infligées par les balles des snipers sont très souvent irrémédiables, elles aussi: les tireurs visent de préférence la tête et le cou, explique le Dr Moukhtar.

Des tireurs sont notamment embusqués dans l'immeuble Tamin, qui surplombe la ville et plus particulièrement l'une de ses principales artères, rue Tripoli, selon des sources rebelles.

Poniatowski pour l'envoi de forces spéciales

L'usage exclusif de la force aérienne, imposé par la résolution 1973 des Nations unies, "montre ses limites face à des cibles mobiles et indiscernables du fait de l'imbrication des forces loyalistes et des forces insurgées", a déclaré Axel Poniatowski, le président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Dans un communiqué, le député UMP rappelle que les frappes de la coalition ont commencé il y a un mois et que la situation "présente toutes les caractéristiques d'un enlisement". "Sans information terrestre, l'aviation de la coalition évolue en aveugle et multiplie les risques de bavures", dit-il.

"J'estime que l'on se dirige vers un enlisement inutile et des pertes importantes de vies humaines sans la mise en place rapide d'une convergence d'actions ciblées, entre les frappes aériennes et la désignation des objectifs sur le terrain, grâce à l'envoi de forces spéciales", estime Axel Poniatowski.

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