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Des avions français ont parachuté au sud de Tripoli des armes légères destinées à la rébellion pour l'aider

Mercredi, la France a admis pour la première fois avoir livré des armes aux rebelles, un geste qui peut être interprété comme une volonté de hâter la fin du conflit mais qui a été contesté par Londres et Moscou.Alain Juppé leur a répondu vendredi que la France avait informé l'Otan et le Conseil de sécurité de l'Onu de ces livraisons d'armes.
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Un opposant au régime libyen, à Benghazi, le 02 mars 2011. (AFP - Roberto Schmodt)

Mercredi, la France a admis pour la première fois avoir livré des armes aux rebelles, un geste qui peut être interprété comme une volonté de hâter la fin du conflit mais qui a été contesté par Londres et Moscou.

Alain Juppé leur a répondu vendredi que la France avait informé l'Otan et le Conseil de sécurité de l'Onu de ces livraisons d'armes.

L'organe politique de la rébellion, le Conseil national de transition (CNT), a parallèlement reçu les 100 premiers millions de dollars dans le cadre d'un fonds de soutien spécial alimenté par des avoirs bloqués du régime libyen, pour payer les salaires et acheter du carburant, a annoncé Londres mercredi.

Paris confirme mais nie le parachutage de missiles anti-chars Milan
L'état-major des armées françaises a confirmé une information du journal Le Figaro selon laquelle Paris a recouru à des parachutages pour donner un coup de pouce à la rébellion. Le quotidien a parlé de lance-roquettes, de fusils d'assaut, de mitrailleuses et de missiles antichars Milan. Paris a démenti jeudi le parachutage de missiles Milan.

L'état-major a évoqué le parachutage d'"armes légères", c'est-à-dire des armes individuelles, "fusils-mitrailleurs, lance-roquettes".

Selon une source officieuse proche du dossier, la France a fait passer quarante tonnes d'armes, en particulier "quelques chars légers", via des parachutages et par les frontières terrestres avec des pays voisins de la Libye.

Armer des "populations sans défense"
"Nous avons décidé de fournir des armes défensives aux populations civiles parce que nous considérons que ces populations sont menacées", a justifié mercredi soir Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès des Nations unies.

Début juin, la France a lancé "une opération de ravitaillement humanitaire" des populations du djebel Nefoussa encerclées par les forces pro-Kadhafi, a rappelé pour sa part le colonel Burkhard.

"Au cours de cette mission qui dure plusieurs jours, il apparaît également que dans certaines zones la situation sécuritaire est extrêmement tendue pour ces populations qui sont sans défense", a-t-il souligné. Selon lui, la France a décidé alors "de leur fournir des moyens de se défendre, des armes légères et des munitions".

Selon le porte-parole du ministère de la Défense, Laurent Teisseire, "nous sommes dans un mode d'action comparable à celui de nos amis anglais ravitaillant les maquis français dans les années 1940, avec une même logique (...) et le même type de matériel pour des populations qui ont besoin de se défendre".

La Grande-Bretagne et Moscou demandent des explications
Londres
, qui avait lancé avec Paris et Washington l'opération militaire aérienne le 19 mars, a aussitôt fait savoir qu'il n'était pas favorable à des livraisons d'armes à la rébellion.

Moscou a demandé des explications à la France. "Si cela se confirmait, ce serait une violation grave de la résolution 1970" du Conseil de sécurité, a estimé le chef de la Diplomatie russe Segueï Lavrov.

La Chine a quant à elle invité la communauté internationale à se conformer strictement à la résolution du Conseil de sécurité

"Nous avons informé le conseil de sécurité et nos partenaires de l'Otan", leur a répondu vendredi Alain Juppé. "Nous nous situons exactement dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité" de l'ONU, a ajouté le chef de la Diplomatie française lors d'une visite à Moscou.

A l'ONU, un diplomate avait souligné jeudi qu'"une lecture à la lettre des résolutions de l'ONU sur la Libye n'interdit pas le parachutage d'armes sur la Libye pour assurer la protection des civils".

L'Italie, également membre de l'Alliance, s'était engagée à fournir des armes "d'auto-défense" aux rebelles, qui affrontent les forces du régime de Mouammar Kadhafi depuis la mi-février.

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