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Proche-Orient : nouvelle nuit de raids malgré une proposition de trêve

Les neufs principaux ministres du gouvernement Netanyahu se sont réunis lundi soir pour examiner une proposition égyptienne de trêve avec les groupes armés palestiniens de Gaza. Mardi matin, aucun accord de cessez-le-feu n'a été signé et les combats ont continué cette nuit. Depuis le début de l'offensive israélienne, le bilan est évalué à 111 morts dont 56 civils.
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Radio France
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 (Reuters)

Les combats ont continué dans la nuit de lundi à mardi. D'après les services d'urgence palestiniens, sept personnes ont été blessés dans des raids israéliens. Au total "100 sites terroristes, dont des lanceurs de roquettes souterrains, des tunnels et des installations de stockage de munitions", d'après l'armée israélienne.

Bientôt une trêve à Gaza ? 

Malgré cette nouvelle nuit de combat, neuf ministres du gouvernement Netanyahu se sont officiellement retrouvés lundi soir pour étudier l'option d'une trêve ou celle d'une offensive terrestre à Gaza. Israël souhaiterait qu'une trêve de 24 à 48 heures soit observée afin que les parties puissent élaborer les termes d'un cessez-le-feu. 

De même source, Israël pourrait, dans le cadre des termes d'un éventuel cessez-le-feu, envisager d'alléger son blocus de la bande de Gaza.

Les médias israéliens ont d'autre part relevé que les tirs de roquettes contre Israël à partir de la bande de Gaza ont pratiquement cessé durant environ deux heures et demie avant la réunion du cabinet israélien.

Les tractations et visites diplomatiques, du Caire à Jérusalem, en passant par Ramallah et Gaza, devaient se poursuivre dans les jours qui viennent. 

Ballet diplomatique en Egypte

Ban Ki-moon est arrivé au Caire ce lundi pour apporter son soutien aux efforts menés par l'Egypte en faveur d'un cessez-le-feu. Il va rencontrer le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu et le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas pour discuter d'une trève à Gaza. Le secrétaire général de l'ONU ne se rendra pas dans l'enclave palestinienne. 

La capitale égyptienne est le lieu d'intenses tractations diplomatiques pour mettre fin à l'escalade de la violence entre les deux parties. Les deux délégations sont hébergées dans des endroits différents de la ville et ne se rencontrent pas. Ce sont les négociateurs égyptiens qui font la navette pour leur évoquer à tour de rôle l'état des discussions.

Le président égyptien Mohamed Morsi a reçu dimanche les dirigeants des deux principaux mouvements de Gaza, le chef en exil du Hamas Khaled Mechaal et le chef du Jihad islamique Abdallah Challah, selon des sources égyptiennes. Selon la correspondante de France Info au Caire, Vanessa Descouraux, "les négociateurs égyptiens laissent entendre que si un accord n'est pas trouvé dans les 48 heures il sera très difficile de ramener le Hamas et Israël autour de la table des négociations"

"Les deux mots d'ordre, c'est urgence et cessez-le-feu" (Laurent Fabius)

Le ballet diplomatique se poursuit également en Israël et dans la bande de Gaza. L'envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient, Tony Blair, et le ministre allemand des Affaire étrangères, Guido Westerwelle, sont attendus lundi à Jérusalem, au lendemain d'une visite du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius qui a offert l'aide de la France dans la recherche d'un cessez-le-feu.

Chaque camp poursuit son
sinistre décompte

Depuis six jours 846 roquettes ont été tirées sur Israël et
l'armée israélienne a visé 1.000 cibles dans la bande de Gaza. Le "dôme de
fer"
, système de défense israélien, a pour sa part intercepté 302 roquettes
palestiniennes.

Israël ne bouge pas d'un
millimètre sur les conditions de l'arrêt de son opération "Pilier de
défense"
: la trêve n'aura lieu que si les groupes armés de Gaza cessent
leurs tirs. Seconde condition : que le mouvement palestinien ne reçoive plus d'armes de l'étranger. "Le Hamas et les organisations terroristes nous font payer un
lourd tribut et les Forces de défenses israéliennes sont prêtes à étendre leurs
opérations de façon significative"
, a déclaré le Premier ministre
israélien Benjamin Netanyahu. Quitte à "envoyer des troupes au sol", a précisé Igal Palmor, porte-parole du ministre des Affaires étrangères israélien sur France Info.

Le Hamas réclame lui la garantie que "l'agression
et les assassinats vont s'arrêter"
, ainsi que la levée du blocus imposé
par Israël sur Gaza depuis 2007, promise en 2009 mais
jamais appliquée. Le mouvement islamiste rejette évidemment en bloc la seconde condition israélienne, niant même que cela soit possible. 

Un Palestinien blessé par balle samedi en Cisjordanie dans des affrontements avec l'armée israélienne lors d'une manifestation de solidarité avec Gaza est mort lundi de ses blessures. Il s'agit du premier mort palestinien en Cisjordanie depuis le déclenchement de l'opération militaire israélienne contre la bande de Gaza.

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