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Printemps solidaire à Paris : la France doit respecter "sa promesse de consacrer 0,7% de sa richesse" à l'aide au développement

Luc Barruet, porte-parole du Printemps solidaire, estime que la France doit enfin tenir sa promesse de consacrer 0,7% de sa richesse aux pays en développement pour pouvoir "aspirer à une mondialisation un peu plus heureuse".

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Radio France
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 Luc Barruet, en juin 2017.  (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

Le Printemps solidaire se tient dimanche 17 septembre à la place de la Concorde, à Paris. Au programme, des concerts gratuits, avec Matthieu Chedid, Yaël Naïm ou Tiken Jah Fakoly. Des personnalités comme le journaliste Edwy Plenel, l'économiste Esther Duflo ou encore l'avocat Eric Dupont-Moretti prendront également la parole. Avec un slogan, cette année :  "2017 doit être l'année du 0,7." Explications avec Luc Barruet, porte-parole de la manifestation.

franceinfo : Quelle est l'implication de Solidarité Sida dans cette manifestation ?

Luc Barret : C'est Solidarité Sida qui pilote la campagne mais c'est une mobilisation qui regroupe 70 autres associations, toutes causes confondues, à vocation internationale. Printemps solidaire vise à faire en sorte que la France tienne enfin sa promesse de consacrer 0,7 % de sa richesse aux pays en développement, une promesse vieille de 48 ans qui n'a toujours pas été tenue. Ce qui est important, c'est que depuis [Georges] Pompidou, tous les présidents ont affirmé que ce seuil de 0,7 % était un objectif qu'il fallait atteindre et que jamais les choses n'ont été mises en œuvre. Le mieux qu'on ait eu sur cette période, c'est qu'on est arrivé à 0,55% et, depuis 10 ans, on est redescendus à 0,38%. À l'échelle internationale, depuis deux ans, cette aide mondiale de solidarité a progressé de 7 %, ce qui n'est pas le cas de la France. On est plutôt à la traîne alors qu'on tient beaucoup de discours sur le rôle de la France à l'international, son histoire d'humanisme et de fraternité.

Quelles solutions proposez-vous pour que la France respecte sa promesse de consacrer 0,7% de sa richesse aux pays en développement ?

Il y a des arbitrages politiques et financiers à avoir et qui demandent du courage. Dans la période actuelle, avoir un objectif de descendre sous les 3% de déficit public est quelque chose qui s'entend en tant que citoyen. Ce qui s'entend moins, c'est que ça puisse se faire au détriment de l'aide publique au développement. Aujourd'hui, dans le projet de loi de finances, une des premières mesures prises, c'est une baisse de 140 millions d'euros de l'aide publique au développement. Ce qui est important, c'est que plutôt que d'avoir une vision de charité et de solidarité, il faut changer de focale et avoir conscience que c'est un investissement pour l'avenir. Le monde est tellement interconnecté que ce qui se passe au Sahel, dans les Caraïbes ou à Mexico nous impacte de manière immédiate, que ce soit sur des questions de dérèglement climatique, de déplacement de populations, de conflits armés ou de santé mondiale. Pour aspirer à une mondialisation un peu plus heureuse, il va falloir qu'on apprenne à dépenser un peu d'argent hors de notre frontière pour des gens qui font partie d'un projet commun, celui de vivre ensemble sur une même planète.

Il y a de bons élèves en Europe, des pays qui contribuent comme il faut à cette aide au développement ?

Le Royaume Uni, l'Allemagne, la Turquie, l'ont fait mais aussi, le Danemark et la Norvège. Ils en sont déjà à 0,7 % depuis un bon moment. Nous, on est très en retard. Cette promesse, on aimerait que ce ne soit pas seulement ceux qui y croient qui la défendent mais que ce soit partagé. C'est un bénéfice pour tous que nous recherchons, pour une vie un peu plus paisible, avec un monde un peu plus juste, avec moins d'inégalités qui se creusent qui seront forcément source de difficultés supplémentaires.

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