Première visite en Chine pour François Hollande

Le président de la République sera jeudi et vendredi pour la première fois en Chine. Objectif de cette visite : équilibrer un partenariat franco-chinois pas assez favorable à la France. Alors que plus de 10.000 entreprises exportent en Chine, la délégation française va tenter de renforcer notamment la part de l'agroalimentaire dans les échanges entre les deux pays. François Hollande devrait également parler des droits de l'homme.

(Maxppp)

C'est le premier dirigeant
étranger reçu par le nouveau président chinois, Xi Jinping, depuis son
investiture
, il y a cinq semaines. François Hollande se rend en Chine jeudi et
vendredi, pour la première fois de son quinquennat. Il sera accompagné d'une
délégation d'industriels, qui participera à trois rencontres ainsi qu'un dîner
d'Etat.

Ce déplacement officiel a
une vocation avant tout économique. Le président Français et l'ensemble de la
délégation vont plaider pour "une nécessité de rééquilibrage "
des échanges entre la France et la Chine. La France ne représente que 1,3% du
commerce extérieur chinois (la part de l'Allemagne, à titre de comparaison, est
de 5%), bien que les exportations françaises en Chine aient augmenté de 11,9%
en 2012. En tout, 11.000 entreprises françaises exportent actuellement vers la Chine, pour une valeur de 15 milliards d'euros, alors que la France importe plus de 41 milliards d'euros de produits chinois.

L'accent sur
l'agroalimentaire

Parmi les pistes étudiées
pour rééquilibrer ces échanges, la France pourrait choisir de favoriser le
secteur agroalimentaire : ce marché devrait représenter, selon les analystes,
100 milliards de dollars d'importations chinoises en 2017. La France compte
aussi s'appuyer sur un accord qui ouvrirait le marché chinois à la charcuterie
française, jusqu'à présent bloquée du fait de normes sanitaires strictes.

D'autres accords et partenariats pourraient voir le jour
à l'issue de cette visite. Parmi les 1.200 entreprises françaises implantées en
Chine, Areva comme Renault sont en cours de négociations pour installer de
nouveaux sites sur place. Pékin pourrait également donner son feu vert à
l'achat de plusieurs Airbus par des compagnies chinoises. La France pourrait également développer sa présence sur les marchés de l'urbanisation et des transports en commun. 

Cinéma, politique monétaire et
droits de l'homme

Les questions monétaires
sont aussi à l'ordre du jour de cette visite de François Hollande. La
sous-évaluation de la monnaie chinoise, le Yuan, est un problème pour l'Elysée.
Pendant la campagne présidentielle, le candidat Hollande en avait fait son 13e
"engagement pour la France ".

L'entourage présidentiel a
confirmé que François Hollande aborderait "bien sûr" les questions de
droits de l'homme. Il devrait enfin faire la promotion du cinéma français : en
Chine, le cinéma non-américain et non-chinois représente moins de 5% des films
projetés en salle.