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Politkovskaïa: verdict annulé

La Cour suprême russe a annulé l'acquittement de trois suspects dans le meurtre de la journaliste Anna Politkovskaïa
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Anna Politkovskaïa en février 2005 (© AFP/KOMMERSANT)
La Cour suprême russe a annulé l'acquittement de trois suspects dans le meurtre de la journaliste Anna PolitkovskaïaLa Cour suprême russe a annulé l'acquittement de trois suspects dans le meurtre de la journaliste Anna Politkovskaïa

Elle a également ordonné jeudi un nouveau procès, une décision critiquée par la défense et la famille de la victime.

Les magistrats ont ainsi donné gain de cause au Parquet général qui avait requis l'annulation du verdict et insistait sur la nécessité d'un complément d'information en invoquant des vices de procédures lors du premier procès.

La défense a aussitôt fait savoir qu'elle contesterait l'arrêt de la juridiction suprême devant la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg.

"C'est une décision politique prise au plus haut niveau. Nous allons la contester, mais c'est presque inutile à l'intérieur du pays", a déclaré à l'AFP l'un des avocats de la défense. Les enfants de la journaliste, assassinée par balles le 7 octobre 2006 dans le hall de son immeuble à Moscou, ont eux aussi critiqué cette décision.

La famille de Mme Politkovskaïa "était tout à fait d'accord avec le verdict d'acquittement", a rappelé leur avocate, Anna Stavitskaïa. "Avec les preuves qu'on leur avait présentées, les jurés ne pouvaient pas décider autrement", a-t-elle indiqué à l'AFP.

"Dans le nouveau procès le verdict sera le même, car les preuves seront les mêmes", a-t-elle ajouté, en demandant qu'une "nouvelle enquête soit faite".

Anna Politkovskaïa était l'une des rares journalistes russes à avoir dénoncé les atteintes aux droits de l'Homme lors du conflit en Tchétchénie. Elle critiquait ouvertement les abus du système politique et judicaire sous Vladimir Poutine, alors président du pays.

Le premier procès
Les jurés avaient acquitté le 19 février les complices présumés du meurtre de la célèbre journaliste russe, après trois mois d'un procès qui n'avait pas permis de faire la lumière sur les motifs du crime ni sur l'identité du commanditaire.

Les deux frères tchétchènes Djabraïl et Ibraguim Makhmoudov étaient soupçonnés d'avoir surveillé les déplacements de Mme Politkovskaïa et d'avoir conduit sur les lieux du crime le tueur présumé, leur frère Roustam, qui n'a jamais été arrêté.

Un ancien policier, Sergueï Khadjikourbanov, soupçonné d'avoir organisé la logistique de l'assassinat, avait alors aussi été acquitté.

Les trois accusés ont été remis en liberté à la suite du verdict qui avait suscité de vives critiques de la part d'organisations de défense des droits de l'Homme et d'institutions européennes.

Les critiques internationales
Le Conseil de l'Europe avait dénoncé un "échec patent" du procès et l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s'était élevée contre "l'impunité" des tueurs de journalistes qui en Russie "écrivent sur la corruption et les violations des droits de l'Homme", une réaction qualifiée de "provocation" par Moscou.

De leur côté, les Etats-Unis avaient appelé la Russie à rechercher les responsables "le plus rapidement possible" et la France avait jugé "essentiel" que les auteurs de l'assassinat "répondent de ce crime odieux".

Quelques jours après l'annonce du verdict, le Parquet général russe avait promis de continuer l'enquête "jusqu'à ce que toutes les personnes impliquées dans ce crime, y compris le commanditaire, soient identifiés".

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