Pays-Bas : un avocat abattu en plein jour à Amsterdam

Il défendait un témoin important dans le procès de deux criminels accusés de meurtre et trafic de drogue. Certains s'alarment d'un "narco-Etat".

Des policiers sécurisent le secteur où un avocat a été abattu, le 18 septembre  2019, à Amsterdam (Pays-Bas). 
Des policiers sécurisent le secteur où un avocat a été abattu, le 18 septembre  2019, à Amsterdam (Pays-Bas).  (MICHEL VAN BERGEN / ANP)

Le Premier ministre néerlandais parle d'un meurtre "très alarmant". Un avocat a été abattu en plein jour, dans une rue d'Amsterdam, peu après avoir quitté son domicile, vers 7h30 mercredi 18 septembre. L'assaillant, qui portait une veste à capuche, s'est enfui à pied. La police est toujours à sa recherche et a lancé un appel à témoins. Une enquête a été ouverte par le parquet.

Derk Wiersum, c'est son nom, était l'avocat d'un "témoin de la Couronne", le repenti Nabil B., dans une vaste affaire impliquant deux hommes originaires du Maroc, Ridouan Taghi et Said Razzouki, qualifiés de criminels les plus recherchés des Pays-Bas. Des mandats d'arrêt internationaux ont été émis contre eux pour meurtre et trafic de drogue.

"Une attaque violente (...) contre l'Etat de droit" 

L'assassinat de Derk Wiersum intervient un an après le meurtre du frère de Nabil B. en guise de représailles. "C'est la confirmation que nous vivons dans un narco-Etat. C'est une attaque violente (...) contre l'Etat de droit", a déclaré le patron du plus important syndicat de police NPB. "Un avocat liquidé aux Pays-Bas, c'est du jamais vu", s'est alarmé du son côté Remco Andringa, journaliste à la télévision publique NOS.

Il existe un grave problème de drogue à Amsterdam, soulignait un rapport commandité par la maire de la capitale publié début septembre. Intitulé "L'autre côté d'Amsterdam", il révèle que "le crime organisé lié à la drogue exerce une influence notable sur la ville." Le NPB estime que le gouvernement, et la classe politique en général, sous-estiment la criminalité rampante au sein de la société néerlandaise.

Le ministre néerlandais de la Justice et de la Sécurité Ferdinand Grapperhaus a rejeté en février 2018 le terme de "narco-Etat" employé à l'encontre des Pays-Bas par le syndicat, dénonçant un manque de moyens humains pour lutter contre la criminalité.