Témoignages Ramadan : la mort, les destructions et la famine éclipsent les préparatifs des réfugiés de Gaza

Le mois du ramadan, sacré pour les musulmans, doit débuter avec l'apparition du premier croissant de lune dimanche ou lundi. Alors que la faim se fait lourdement sentir à Gaza, des réfugiés dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, témoignent sur franceinfo.
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À côté d'une mosquée détruite par les bombardements, des habitants de Gaza réalisent le 8 mars la dernière prière du vendredi avant le début du ramadan (JEHAD ALSHRAFI / ANADOLU)

Avant la guerre, c'était dans leur appartement dans la ville de Gaza que Youssef, sa femme et ses deux enfants passaient chaque ramadan. Des iftars [repas qui est pris chaque soir par les musulmans au coucher du soleil] en famille et de la nourriture à n'en plus finir. Cette année, la maison a été réduite à l'état de gravats alors que le mois saint doit commencer dans la nuit du dimanche 10 au lundi 11 mars. Pour le repas de la rupture du jeûne, il n'y aura même pas le strict minimum.

"Ma fille m'a demandé quelque chose que l'on ne peut plus se permettre. Elle m'a demandé si je pouvais lui acheter du poulet et malheureusement, c'est hors de prix", soupire le père de famille, désormais exilé avec sa famille à Ramallah, en Cisjordanie. Sa fille lui demande aussi une poupée. Son fils réclame des chocolats, des bonbons. Les deux enfants aimeraient également de nouveaux habits pour se faire beau pour ce mois sacré. "Ils veulent toutes ces choses, mais moi j'essaye juste qu'ils les oublient" poursuit-il.

"On va rester comme ça combien de temps ?"

Jeudi 7 mars, le conflit entre Israël et le Hamas est entré dans son sixième mois et la situation des habitants de la bande de Gaza se dégrade de plus en plus, par manque d'aide humanitaire. La perspective d'une nouvelle trêve dans le conflit, toujours en négociation, s'éloigne. Professeure de français déplacée elle aussi de Gaza vers Ramallah, Asma appréhende cette période de ramadan sans sa famille ni ses voisins. Rien que l'idée d'y penser est au-dessus de ses forces.

"On n'est pas à l'aise ici parce que ce n'est pas notre maison. C'est un mois spécial pour nous, on a la prière, on lit le Coran, raconte la professeure de français de 42 ans. Chaque jour, je pleure parce que c'est un peu trop difficile de passer le ramadan dans un milieu qui n'est pas ton milieu. Ce n'est pas ta chambre, ce n'est pas ta vie. On va rester comme ça combien de temps ?"

Combien de temps avant que la communauté internationale fasse pression sur Israël, implore Asma. Cette année, dit-elle, pour le mois sacré du ramadan, les Gazaouis ne pourront compter que sur leurs prières.

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