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NSA : les européens réclament un "code de bonne conduite"

Rassemblés à Bruxelles pour une réunion de routine, les 28 chefs d'Etat européens en ont profité pour évoquer le scandale d'espionnage américain. Indignés par les révélations du journal anglais The Guardian, qui affirmait jeudi que l'Agence nationale de sécurité américaine (NSA) aurait placé sur écoute 35 dirigeants de la planète, ils ont annoncé qu'ils allaient demander à Washington de s'engager sur un "code de bonne conduite". 
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Radio France
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  (Reuters)

Initialement, les dirigeants européens se réunissaient à Bruxelles pour parler d'immigration et d'économie numérique. Ils l'ont fait, mais le principal sujet du rassemblement n'était pas là. Les révélations du Guardian , jeudi, ont changé la donne. Le journal anglais, se fondant sur une note fournie par Edward Snowden, indiquait que les Etats-Unis auraient mis sur écoute pas moins de 35 dirigeants à travers la planète. 

Un "scandale" qui a indigné les dirigeants européens et les a poussé à réagir. Pas d'accord, ni de remise en cause de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et les Etat-Unis, mais la demande à  Washington de s'engager sur "un code de
bonne 
conduite ". 

Ce qui est "acceptable" et ce qui ne l'est pas

Une décision somme toute assez minime, puisqu'elle n'engage aucune mesure de rétorsion envers les Etats-Unis. "Il ne s'agit pas de commencer à faire monter la pression inutilement " avec Washington, a déclaré le Premier ministre belge, Elio Di Rupo, en résumant l'état d'esprit général.

Les 28 ont donc affiché une unité de façade pour "prendre note " de l'initiative lancée par la France et l'Allemagne pour "engager des discussions bilatérales avec les Etats-Unis dans le but de trouver d'ici à la fin de l'année un accord sur leurs relations mutuelles dans ce domaine ", selon le communiqué du sommet.

Le Parlement européen enverra lundi à Washington une délégation de neuf élus pour recueillir les explications des autorités américaines, lors de laquelle il devrait notamment être question de ce code de conduite. Celui-ci devrait définir "ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas ", selon le Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker. 

"Nous avons pris une initiative (avec la chancelière Angela Merkel) qui consiste à créer un cadre commun de coopération pour qu'il n'y ait plus ce type de pratique et de dispositif de surveillance ", a expliqué le Président français. "Nous avons fixé un délai jusqu'à la fin de l'année ". 

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L'Allemagne ne veut plus d'excuses

Angela Merkel avait demandé, jeudi, des actes concrets venant de Barack Obama, le Président américain, "et pas seulement des excuses ". C'est de la Chancelière allemande qu'est venue l'idée de ce code de bonne conduite. 

L'Allemagne travaille par ailleurs avec le Brésil à la préparation d'une résolution à l'ONU sur la protection des libertés individuelles. Elle devrait être présentée au comité des droits de l'homme de l'Assemblée générale des Nations unies, sans mentionner spécifiquement les Etats-Unis.

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Pour l'Europe, qui a montré ses divisions sur ce sujet, la difficulté à faire front commun à 28 dans ce dossier est illustrée par le blocage, depuis des mois, d'un projet de la Commission européenne visant à renforcer la protection des données privées face aux géants de l'Internet et aux services de renseignement.

Le communiqué à la sortie du sommet européen (pour lire la partie sur l'espionnage, aller directement à la page 20) :  

 [null,null] Le communiqué du sommet européen publié par lucasroxo

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