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Netanyahu pour "un Etat palestinien démilitarisé"

Benjamin Netanyahu s'est dit prêt dimanche soir à un "Etat palestinien démilitarisé" sous conditions
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Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu (© France)
Benjamin Netanyahu s'est dit prêt dimanche soir à un "Etat palestinien démilitarisé" sous conditionsBenjamin Netanyahu s'est dit prêt dimanche soir à un "Etat palestinien démilitarisé" sous conditions

Le Premier ministre israélien s'exprimait lors d'un discours de politique étrangère à l'université Bar Ilan, en banlieue de Tel-Aviv. Toutefois, il exclut de géler le développement des colonies que Washington exige en vertu de la "feuille de route" de 2003.

La présidence palestinienne a accusé Benjamin Netanyahu de "torpiller" les efforts de paix.

"Si nous recevons ces garanties sur la démilitarisation et si les Palestiniens reconnaissent Israël comme l'Etat du peuple juif, alors nous parviendrons à une solution basée sur un Etat palestinien démilitarisé au côté d'Israël", a déclaré dimanche soir le dirigeant israélien. "A chacun son drapeau, à chacun son hymne (...) Le territoire alloué aux Palestiniens sera sans armée, sans contrôle de l'espace aérien, sans entrée d'armes, sans la possibilité de nouer des alliances avec l'Iran ou le Hezbollah" libanais, a-t-il ajouté.

La présidence tchèque de l'UE a estimé lundi que la position affichée par le numéro un israélien est "un pas dans la bonne direction". "Bien sûr, il y a certains autres éléments qui doivent être analysés, mais l'acceptation de l'Etat palestinien est là", selon le ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Kohout.

A Paris, Bernard Kouchner a salué dimanche soir "la perspective tracée" par le Premier ministre israélien d'"un Etat palestinien".

Pas de gel de la colonisation en Cisjordanie, comme le réclamait Washington


Benjamin Netanyahu a toutefois refusé d'annoncer un gel de la colonisation en Cisjordanie, réclamée notamment par les Etats-Unis, tout en appelant les Palestiniens à une reprise immédiate des pourparlers, sans conditions préalables. "J'appelle nos voisins palestiniens et les dirigeants palestiniens à reprendre immédiatement des discussions de paix sans conditions préalables", a affirmé le chef du gouvernement israélien. "Je ne souhaite pas faire construire de nouvelles colonies ou confisquer de terres à cette fin mais il faut permettre aux habitants des implantations de vivre normalement", a-t-il ajouté, excluant ainsi l'arrêt de la construction dans les colonies existantes pour répondre aux besoins de la "croissance naturelle".

C'est la première fois que Benjamin Netanyahu accepte d'évoquer la perspective d'un Etat palestinien, comme le réclame le président américain, Barack Obama. Ce dernier a pressé l'Etat hébreu lors de son discours de réconciliation avec le monde musulman prononcé le 4 juin au Caire d'endosser le principe de "deux Etats pour deux peuples" et appelé à un gel total de la construction dans les colonies de Cisjordanie, où vivent plus de 280.000 Israéliens.

Benjamin Netanyahu s'était refusé jusqu'à présent à évoquer la création d'un Etat palestinien, se bornant à parler d'une "paix économique" avec les Palestiniens. "La condition préalable est que les Palestiniens reconnaissent de façon sincère et publique qu'Israël est le pays du peuple juif", a-t-il dit. "Le coeur du conflit a toujours été le refus des Arabes d'accepter l'existence d'un Etat juif", a-t-il ajouté en référence notamment au refus des pays arabes en 1947 de reconnaître la résolution de l'ONU en faveur du partage de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe. "Les retraits qu'Israël a opéré dans le passé n'ont pas changé cette réalité", a-t-il dit en référence aux attaques du Hezbollah après le retrait du Liban en 2000 et celles du Hamas après le retrait de la bande de Gaza en 2005.

Benjamin Netanyahu a également exclu un retour de réfugiés palestinien en Israël, affirmant que leur problème devait être réglé "hors des frontières" de l'Etat hébreu. "Le problème des réfugiés doit être réglé hors des frontières d'Israël", a-t-il dit. "Leur retour va l'encontre du maintien d'Israël comme Etat juif."

Pour la présidence palestinienne, Netanyahu "torpille" les efforts de paix

L'Autorité palestinienne a accusé dimanche le Premier ministre Israël Benjamin Netanyahu de "torpiller" tous les efforts de paix après qu'il eut posé une série de conditions à l'acceptation d'un règlement fondé sur la création d'un Etat palestinien.

Le mouvement islamiste Hamas qui contrôle Gaza a dénoncé "l'idéologie raciste et extrémiste" du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu après qu'il eut posé dans un discours une série de conditions à la création d'un Etat palestinien. "Ce discours reflète l'idéologie raciste et extrémiste de Netanyahu et fait fi de tous les droits du peuple palestinien", a déclaré à l'AFP le porte-parole du Hamas Fawzi Barhoum. "Ce discours est une réitération de la politique de son gouvernement", a-t-il ajouté.

Le président américain Barack Obama a salué dimanche "l'important pas en avant" constitué selon lui par le discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui a accepté pour la première fois le principe d'un Etat palestinien, mais sous conditions.

Obama salue "l'important pas en avant" de Netanyahu

"Le président salue l'important pas en avant franchi dans le discours du Premier ministre Netanyahu", selon un communiqué de la Maison Blanche. Barack Obama "est favorable à une solution à deux Etats, un Etat juif d'Israël et une Palestine indépendante, sur les terres historiques des deux peuples", ajoute le communiqué. "Il croit que cette solution peut et doit assurer à la fois la sécurité d'Israël et satisfaire les aspirations légitimes des Palestiniens à un Etat viable, et il salue le fait que Benjamin Netanyahu adopte cet objectif", poursuit la Maison Blanche.

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