Rio 2016: tenue islamique de rigueur pour quatre athlètes saoudiennes aux JO

Comme à Londres en 2012, la tenue islamique est de rigueur aux JO de Rio pour les athlètes saoudiennes. Elles sont quatre, invitées par le Comité international olympique, contre deux il y a quatre ans. Le CIO s’était alors plié aux exigences de Riyad de mettre en place un label islamique.

Engagée sur le 800 m, en août 2012, à Londres, la saoudienne Sarah al-Attar prend part, en août 2016, à Rio, au marathon.
Engagée sur le 800 m, en août 2012, à Londres, la saoudienne Sarah al-Attar prend part, en août 2016, à Rio, au marathon. (Photo AFP)

Leur présence à Rio est avant tout symbolique. Quatre athlètes féminines du royaume ont été «invitées» par le CIO à concourir dans différentes disciplines, sans avoir eu à se plier aux critères de qualification exigés à un tel niveau de compétition internationale. Leur arrivée, le 1er août 2016, sur le sol brésilien a été très peu médiatisée par la presse saoudienne, pour ne pas froisser les religieux et les conservateurs.

Sarah al-Attar, 23 ans, qui avait déjà pris part aux séries du 800 m à Londres, change cette fois de discipline pour le marathon. Autre athlète saoudienne déjà présente à Londres: la judoka Wujud Fahmi. Lubna al-Omair, elle, représentera son pays en escrime et la sprinteuse Cariman Abu al-Jadail concourra pour le 100 m.


C'est la deuxième fois que des Saoudiennes sont autorisées à participer aux JO. Sarah al-Attar et Wujud Fahmi avaient concouru, en 2012, à ceux de Londres à la suite d'une décision du CIO d’imposer au moins une athlète femme par pays. La première avait, à l'époque, couru en survêtement et portait une cagoule. La seconde, alors âgée de 16 ans, avait, quant à elle, refusé de combattre sans couvre-chef. Le voile étant interdit par la Fédération internationale de Judo, elle avait été finalement autorisée à porter un bonnet. Elle n'était restée que quelques secondes sur le tatami, face à son adversaire. 

Pour participer aux Jeux, ces Saoudiennes ont dû obtenir l'accord d'un parent masculin (père ou frère) qui a l'obligation de les accompagner pendant la compétition, comme l'exige la loi islamique en vigueur en Arabie Saoudite. Laquelle impose aussi à toute sportive d'apparaître en public couverte de la tête aux pieds et de respecter les zones de non mixité.

Toutes ces règles ont poussé trois militantes féministes à interpeller le CIO, avant les Jeux. Dans une tribune publiée, le 6 juillet, dans Libération, elles réclamaient l'exclusion de l'Arabie Saoudite et de l'Iran.


Une Saoudienne dans les instances sportives
Signe que les lignes sont peut-être en train de bouger dans le royaume wahhabite, la presse saoudienne a rapporté, le 2 août, que la princesse Rima ben Bandar ben Sultan avait été nommée au poste de vice-présidente du Comité général sportif, chargée du sport féminin. Dans une déclaration rapportée par l'agence de presse officielle SPA, la princesse s'est dite «fière d'avoir l'occasion de servir son pays».

En avril, un vaste programme de réformes a été annoncé par le vice-prince héritier Mohmed ben Salmane. Baptisé «vision 2030», celui-ci prévoit de donner aux Saoudiennes une plus grande place sur le marché du travail, et plus généralement au sein de la société.