A321 russe: qui est derrière la revendication de Wilayat Sinaï,branche de Daech?

Quelques heures après le crash de l'Airbus russe A321 en Egypte, le 31 octobre 2015, la branche égyptienne de l’Etat islamique, Wilayat Sinaï (Province du Sinaï) a revendiqué la destruction en vol de l’avion. Mais qui est ce groupe salafiste très actif dans le nord du Sinaï ? Son action était-elle prévisible ?

Débris de l\'A321 après le crash dans le Sinaï 
Débris de l'A321 après le crash dans le Sinaï  (AFP/ RUSSIA'S EMERGENCY MINISTRY / MAXIM GRIGORYEV)

Près de dix jours après le crash, l’Egypte est dans une sorte de déni.
Le président du comité d’enquête Ayman al-Moukaddam ne parle pas d’explosion, mais d’un «bruit» entendu dans la dernière seconde de l’enregistrement des conversations dans le cockpit.
En interdisant tous les vols commerciaux vers l'Egypte, la Russie semble désormais pencher en faveur de la piste terroriste.
Pour Washington, comme pour Londres, la thèse de l’attentat est clairement évoquée. Mais qui a mené l’attaque ?
 
La branche égyptienne de Daech
Le groupe égyptien Wilayat Sinaï (Province du Sinaï) a revendiqué deux fois plutôt qu’une, la destruction de l’avion russe. «C’est nous qui l’avons abattu » peut-on entendre dans l’enregistrement audio en arabe. Mais le groupe laisse planer le mystère sur le mode opératoire.
Kamikaze à bord ? Bombe dissimulée dans une valise ? Tir de missile ? «Nous le dirons au moment approprié», déclarent les terroristes .
 
Un acte prévisible ?
Ce groupe salafiste qui s’appelait Ansar Baït al Maqdis (les partisans de Jérusalem) était affilié à Al Qaida depuis 2011 avant de faire allégeance à Daech, il y a tout juste un an. La cellule djihadiste comptait en 2013 près de mille hommes, selon des responsables des services de sécurité. Elle est dirigée par Abou Oussama al-Masri, un imam de 42 ans formé à l’université al-Azhar, au Caire, selon le journal britannique Sunday Times.

A son actif notamment : des tirs de roquettes sur Israël, des attaques contre des soldats et des policiers égyptiens ou encore une attaque au «missile guidé» contre un navire de l’armée.

En janvier 2014, le groupe islamiste aurait abattu un hélicoptère militaire égyptien en plein vol  avec un missile anti-aérien SA-7 de contrebande en provenance de Libye selon Times of Israel qui cite les résultats de l’enquête. Depuis cet incident, écrivait à l’époque le journal israélien, Israéliens , Egyptiens et Jordaniens  «craignent que de tels groupes essayent d'abattre un avion civil à portée de ces missiles»