Mali : et maintenant, quel rôle pour la France ?

Le Mali dispose depuis lundi soir d'un nouveau président, Ibrahim Boubacar Keïta. Un an et demi après le coup d'État militaire, sept mois après l'intervention militaire emmenée par la France, le pays entame désormais une difficile reconstruction. François Hollande, qui a félicité le président élu, affirme que Paris restera aux côtés du peuple malien, pour l'aider dans cette tâche, tout en insistant sur la nécessaire unité du pays.

(Joe Penney Reuters)

Communiqué de l'Élysée : "Ce qui vient de se produire depuis l'intervention française le 11 janvier 2013, au nom de la communauté internationale, jusqu'à l'élection du nouveau président malien est un succès pour la paix et la démocratie. Mais tout doit être fait pour réussir la fin de la transition, le dialogue et le développement du Mali ". François Hollande a réagi, mardi en milieu de journée, au résultat officiel de l'élection malienne, et l'élection à la présidence d'Ibrahim Boubacar Keïta.

Le président français salue ainsi - sept mois après le début de l'opération Serval - une nouvelle étape de la reconstruction du Mali, après avoir été salué, en février dernier, comme un héros par le peuple malien.

Le respect des accords

Juste avant les vacances, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius soulignait l'intention de la France de "gagner la paix " au Mali.

Dans les faits, Paris entend surtout être attentive au processus de réconciliation dans le nord du pays, là où ses soldats sont intervenus en janvier dernier, pour en chasser les groupes islamistes. Le 18 juin dernier, les accords de Ouagadougou stipulaient la tenue d'un dialogue deux mois après la nomination d'un nouveau gouvernement. Dans son communiqué, François Hollande a indiqué avoir téléphoné au président par intérim Dioncounda Traoré, et l'avoir "félicité pour avoir tenu l'élection présidentielle dans des conditions de transparence et de régularité remarquables ".

Autre accord que Paris entend faire respecter : la promesse d'une aide internationale de trois milliards d'euros - dont 280 millions d'euros de la part de la France - sur deux ans, formulée lors de la conférence de Bruxelles en mai dernier.

L'armée reste sur place

La France ne compte pas tout miser sur la diplomatie et le dialogue pour veiller au respect de la paix au Mali.

Environ 3.200 militaires français sont toujours déployés à l'heure actuelle dans le pays. Une passation de pouvoir a d'ailleurs eu lieu pas plus tard que dimanche dernier ; le général Marc Foucaud a remplacé le général Grégoire de Saint Quentin à la tête de l'opération Serval.

Le processus électoral terminé, les effectifs vont progressivement baisser, jusqu'à atteindre environ un millier d'hommes à la fin de l'année, dont une partie au sein de la mission de stabilisation de l'ONU, la Minusma.

En attendant, François Hollande aura l'occasion de se rendre compte par lui-même des avancées, en se rendant dès le mois prochain à l'investiture du nouveau président malien.