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Mahmoud Abbas et Benjamin Netanyahu se sont engagés à se rencontrer toutes les deux semaines pour la paix

Le président américain Barack Obama s'est dit jeudi "encouragé" par l'attitude du Président de l'Autorité palestinienne et du Premier ministre israélien, qui ont relancé leur dialogue à Washington.Suspendues depuis un an, les discussions visent à parvenir d'ici un an à un accord de paix prévoyant la création d'un Etat palestinien.
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Le président US, Barack Obama, Mahmoud Abbas (G) et Benjamin Netanyahu (C) à la Maison blanche le 01/09/10 (AFP Tim Sloan)

Le président américain Barack Obama s'est dit jeudi "encouragé" par l'attitude du Président de l'Autorité palestinienne et du Premier ministre israélien, qui ont relancé leur dialogue à Washington.

Suspendues depuis un an, les discussions visent à parvenir d'ici un an à un accord de paix prévoyant la création d'un Etat palestinien.

Après environ 80 minutes de discussion chaperonnées par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, le premier ministre d'Israël et le président de l'Autorité palestinienne ont discuté pendant une heure trente en tête-à-tête dans le bureau de Mme Clinton.

L'émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, qui s'est adressé à la foule des journalistes a rapporté que MM.Netanyahu et Abbas se retrouveraient les 14 et 15 septembre "dans la région", puis à nouveau "toutes les deux semaines".

Après s'être mis d'accord jeudi sur la méthode, les deux hommes estiment que "la prochaine étape logique serait de commencer à travailler à un accord-cadre en vue d'un statut permanent".

Pour M.Mitchell "l'objectif de l'accord-cadre sera d'établir les compromis nécessaires, qui leur permettront de donner corps et de faire aboutir un traité global qui mettra fin au conflit, et établira une paix durable pour Israël et les Palestiniens". En un an.

Insistant sur le caractère sensible des discussions de jeudi M.Mitchell a été peu prolixe sur les discussions.

Les deux hommes, se sont affichés solidaires face aux attaques menées ces derniers jours en Cisjordanie par le Hamas islamiste, compté parmi "les ennemis de la paix".

Souriants, ils se sont serré la main à l'issue de leur discours. Image insolite, Mahmoud Abbas a même levé le pouce en direction de Benjamin Netanyahu, en signe d'appréciation.

Durant l'échange, le président Palestinien Mahmoud Abbas a fait savoir au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu que les négociations directes cesseraient si Israël relançait la colonisation, a annoncé un haut responsable palestinien.

"Au sujet de la colonisation, d'importantes divergences nous opposent ncore. Les Israéliens nous ont dit qu'il leur était difficile de trancher", sur un éventuel maintien du gel de la colonisation qui expire fin septembre, a poursuivi le responsable.

M. Netanyahu avait répété mardi à Washington que ce gel, en vigueur depuis dix mois, s'achèverait fin septembre comme prévu, suscitant une violente réaction palestinienne.

La veille, le président Barack Obama avait pressé les dirigeants israélien et palestinien, réunis autour de lui à la Maison blanche, de ne pas laisser passer la chance de conclure la paix, tout en reconnaissant la difficulté de la tâche et le scepticisme de "certaines parties".

Rivalités entre Hamas et Fatah
A Gaza, le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle cette enclave palestinienne depuis juin 2007, a annoncé la poursuite de ses attaques contre Israël, quelques heures après l'arrestation en Cisjordanie de plusieurs centaines de ses militants. "Les opérations de résistance continueront et les mesures prises par l'occupant (israélien) et le Fatah ne les empêcheront pas", a dit Sami Abou Zouhri, porte-parole du mouvement, évoquant le mouvement rival de Mahmoud Abbas, l'un des principaux acteurs des discussions de Washington.

Pour ce responsable, le Fatah, qui a condamné l'attaque de mardi revendiquée par la branche armée du Hamas, "n'est rien de plus qu'un instrument visant à protéger la sécurité des colons et des occupants". "Mahmoud Abbas n'a pas le droit de parler au nom des Palestiniens ou de les représenter. En conséquence, les résultats, quels qu'ils soient, (des discussions de Washington) n'engageront en rien le peuple palestinien", a souligné Sami Abou Zouhri.

Le Hamas a en outre revendiqué un autre attentat commis mercredi sur la rive occidentale du Jourdain, qui a blessé deux Israéliens non loin d'une autre implantation juive.

Pour leur part, les colons juifs du Conseil Yesha ont proclamé la fin du "gel" des constructions dans les colonies en réaction à la mort de quatre des leurs. Dès mercredi, des engins de terrassement se sont mis à l'ouvrage dans plusieurs implantations de Cisjordanie.

Les engagements de Netanyahu et Abbas
Le Premier ministre israélien a assuré mercredi vouloir mettre fin "une fois pour toutes" au conflit au Proche-Orient. Il a appelé à défendre la paix contre ses ennemis, face au président palestinien Mahmoud Abbas qu'il a qualifié de "partenaire".

"Mais face à ses ennemis, la paix doit être défendue", a ajouté le chef du gouvernement israélien, au lendemain de l'attentat du Hamas qui a coûté la vie à quatre colons juifs en Cisjordanie.

De son côté, le président de l'Autorité palestinienne s'est engagé auprès du président américain "à oeuvrer à l'établissement d'un Etat palestinien le plus vite possible". Mais il a aussi prévenu que "les quatre prochaines semaines seront cruciales (...) soit il y aura des progrès, soit nous reviendrons encore à la case départ".

Obama condamne "un massacre incensé"
Lors d'une intervention, à l'issue de sa rencontre avec le premier ministre israélien, le président Barack Obama a condamné, le qualifiant de "massacre insensé".

"Je veux que tout le monde sache que les Etats-Unis ne faibliront pas dans leur soutien à la sécurité d'Israël, et que nous allons repousser ce genre d'activités terroristes", a dit le président américain soulignant que cet acte, revendiqué par l'aile militaire du Hamas, ne ferait pas dérailler le processus de paix.

Avenir de Jérusalem: contradictions israéliennes
Côté israélien, des responsables ont tenu des propos contradictoires sur l'avenir de Jérusalem, dont la partie arabe est occupée depuis 1967 et a ensuite été annexée unilatéralement par Israël. Jérusalem restera la "capitale indivisible d'Israël", a dit un responsable de la délégation du Premier ministre Benjamin Netanyahu mercredi, contredisant le ministre de la Défense Ehud Barak qui avait suggéré que les quartiers arabes pourraient revenir aux Palestiniens.

La colonisation, un sujet qui fâche
Les conditions pour un accord sont la "reconnaissance d'Israël par les Palestiniens comme Etat du peuple juif", le règlement final du conflit et des arrangements garantissant qu'un retrait de Cisjordanie ne sera pas suivi d'attaques à partir des zones évacuées, a affirmé Benjamin Netanyahu.

Quant à Mahmoud Abbas, il a fait assumer à Israël l'entière responsabilité de l'échec des négociations si la colonisation se poursuivait en Cisjordanie et à Jérusalem-Est annexée en 1967 et dont les Palestiniens entendent faire leur capitale.

"S'il y a ne serait-ce que 1% de chance de parvenir à la paix, nous nous efforcerons d'y arriver", a déclaré de son côté le président palestinien.

Après plusieurs mois de négociations indirectes infructueuses et sous intense pression américaine, l'Autorité palestinienne a accepté d'entamer un dialogue direct sans garanties préalables, en particulier sur la colonisation. Mais elle a averti que la non-reconduction du moratoire entraînerait la fin des pourparlers. En novembre, Benjamin Netanyahu avait prononcé un moratoire de 10 mois sur la colonisation en Cisjordanie mais pas à Jérusalem-est. Ce moratoire expire le 26 septembre.

Benjamin Netanyahu n'a rien promis aux Etats-Unis sur cette question, a indiqué lundi un responsable israélien, citant des propos du Premier ministre lors d'une réunion des ministres de son parti, le Likoud.

La radio militaire israélienne a indiqué lundi que "plusieurs milliers" de logements ayant obtenu toutes les autorisations légales nécessaires pourraient commencer à être construits dès le 27 septembre dans 57 colonies, y compris dans des implantations isolées. Seule une prolongation officielle moratoire pourrait empêcher ces mises en chantier.

Les autres pommes de discorde
Les frontières d'un Etat palestinien sont un autre sujet de divergence. Les Palestiniens veulent fonder leur Etat sur l'ensemble des territoires occupés par Israël depuis 1967. Ils sont prêts à accepter des échanges de territoires, mais cela ne suffira pas à régler la question du statut de Jérusalem. Les Palestiniens veulent que l'est de la ville soit leur capitale. Alors que Benjamin Netanyahu ne s'est jamais montré disposé à une partition de la Ville sainte, le ministre de la Défense israélien Ehud Barak a affirmé mercredi qu'Israël pourrait en céder une partie dans le cadre d'un accord global.

"Jérusalem-ouest et 12 quartiers juifs qui abritent 200.000 habitants seraient à nous. Les quartiers arabes dans lesquels vivent près d'un quart de million de Palestiniens seraient à eux", a précisé le ministre de la Défense. "Un régime spécial serait mis en place basé sur des arrangements convenus (entre les parties) dans la Vieille ville, le mont des Oliviers et la Ville de David", a-t-il ajouté.

Le sort des réfugiés palestiniens divise également profondément Israéliens et Palestiniens, tout comme la volonté d'Israël que le futur Etat soit démilitarisé.

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