Les rebelles libyens ont affirmé lundi avoir pris lundi le contrôle de trois villes clef sur la route de Tripoli

Il s'agit de l'une de leurs plus importantes percées depuis le début du conflit il y a six mois.Les insurgés affirment contrôler la "majeure partie" de Zawiyah, à une quarantaine de km à l'ouest de la capitale libyenne ainsi que les villes de Gharyane et Sorman, situées respectivement à 50 km au sud de Tripoli et à une soixantaine de km à l'ouest.

Des insurgés libyens fêtent leur entrée dans la ville de Bir Terfas le 13 août dernier.
Des insurgés libyens fêtent leur entrée dans la ville de Bir Terfas le 13 août dernier. (MARC HOFER / AFP)

Il s'agit de l'une de leurs plus importantes percées depuis le début du conflit il y a six mois.

Les insurgés affirment contrôler la "majeure partie" de Zawiyah, à une quarantaine de km à l'ouest de la capitale libyenne ainsi que les villes de Gharyane et Sorman, situées respectivement à 50 km au sud de Tripoli et à une soixantaine de km à l'ouest.

Ils resserrent ainsi l'étau autour de Tripoli, bastion du régime de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans et qui fait face depuis le 15 février à une révolte qui s'est transformée en conflit armé.

"En gros, la majeure partie de la ville (de Zawiyah) est sous le contrôle des combattants rebelles", a déclaré l'un de leurs officiers. Ce qui prive Tripoli de sa voie habituelle d'approvisionnement depuis la Tunisie, a précisé un porte-parole des insurgés. Selon lui, la bataille, qui a fait rage durant la nuit, a permis aux rebelles de repousser les forces loyalistes à la périphérie est de la ville. Cinq insurgés ont été tués.

Un correspondant de l'AFP a pu se rendre jusqu'au secteur d'Awlat Jarbo, situé à deux kilomètres de la porte est de Zawiyah. Il pouvait entendre des bombardements de temps à autre. A l'issue d'intenses combats dimanche, les insurgés ont également pris le contrôle de Sorman et de Gharyane, qui, avec leurs garnisons, servaient de rempart à Tripoli.

La rébellion a aussi "le contrôle total" des 15 km de route entre les villes côtières de Zawiyah et de Sorman, ce qui prive Tripoli de sa voie habituelle d'approvisionnement depuis la Tunisie, a déclaré à l'AFP un porte-parole des rebelles.

A Tripoli, le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim, a admis dimanche que les rebelles étaient entrés dans Gharyane, toute en se disant confiant que le régime en reprendrait le "contrôle total". Il a également reconnu des "affrontements" à Sorman, en évoquant l'implication de "centaines de volontaires appuyées par les moujahidine (combattants)" pour mater les rebelles.

Concernant le secteur autour de l'enclave rebelle côtière de Misrata (200 km à l'est de Tripoli), Moussa Ibrahim a affirmé que les troupes du régime avaient "repris le contrôle de Touarga" plus au sud.

Sur le front Est, les rebelles contrôlent désormais tout l'est de la cité pétrolière de Brega, selon un journaliste de l'AFP sur place. Les combats se déroulaient lundi dans la partie ouest, où le journaliste entendait des échanges de tirs d'artillerie du côté des installations pétrolières.

Kadhafi défie les rebelles
Malgré la percée des rebelles, Mouammar Kadhafi reste inflexible. "La fin du colonisateur est proche et la fin des rats (les rebelles) est proche. Ils fuient d'une maison à l'autre devant les masses qui les chassent", a-t-il dit dans un message sonore. "Ils n'ont plus qu'à recourir au mensonge et à la guerre psychologique après l'échec de toutes les guerres", a-t-il ajouté.

Le dirigeant libyen, qui tient toujours malgré la campagne militaire de l'OTAN, l'isolement et les sanctions internationales, a appelé ses partisans à garder le moral, à résister et à se "préparer pour la bataille pour libérer" les villes tenues par les rebelles.

Des rumeurs s'étaient propagées dans la nuit sur les réseaux sociaux et dans certains médias, faisant état du départ imminent du dictateur vers l'étranger.

A lire aussi:
>>
>>