Cet article date de plus de dix ans.

Le Quartette (USA, Russie, UE, ONU), réuni vendredi à Moscou, a demandé à Israël de "geler" ses projets de colonisation

Il a exhorté le gouvernement israélien à "démanteler tous les avant-postes construits depuis mars 2001 et à s'abstenir de procéder à des démolitions et des expulsions à Jérusalem-Est".Selon la secrétaire d'Etat US Mme Clinton, la ferme réaction US commençait à "porter ses fruits", la reprise des négociations israélo-palestiniennes étant attendue.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Le Quartette (de gauche à droite): Tony Blair, Hilary Clinton, Sergei Lavrov, Ban Ki-Moon, Catherine Ashton. (AFP Yuri Kadobnov)

Il a exhorté le gouvernement israélien à "démanteler tous les avant-postes construits depuis mars 2001 et à s'abstenir de procéder à des démolitions et des expulsions à Jérusalem-Est".

Selon la secrétaire d'Etat US Mme Clinton, la ferme réaction US commençait à "porter ses fruits", la reprise des négociations israélo-palestiniennes étant attendue.

Le groupe, à l'origine de cette déclaration, est composé de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et de l'envoyé spécial pour le Proche-Orient, Tony Blair.

Cette annonce forte fait suite à , Benjamin Netanyahu, qui a réaffirmé lundi que la construction à Jérusalem se poursuivrait. Cette déclaration, prononcée devant les parlementaires de son parti, le Likoud (droite), confirme l'annonce du ministre israélien de l'Intérieur d'un projet de construction de 1.600 logements à Jérusalem-est.

Malgré la dureté du ton et le choix du verbe "exhorter", Hilary Clinton a tenu en parallèle à réaffirmer la qualité des relations entre les deux pays. "Nos relations continuent, elles sont profondes, solides et durables". Elle était interrogée sur les relations entre les Etats-Unis et Israël après les fortes tensions apparues à la suite de la décision de l'Etat hébreu de construire des logements dans Jérusalem-Est, annoncée en pleine visite du vice-président Joe Biden en Israël la semaine dernière.

Par ailleurs, "le Quartette pense que les négociations doivent conduire à un règlement négocié entre les parties d'ici 24 mois". Ce règlement devrait "mettre fin à l'occupation démarrée en 1967 et avoir pour effet l'émergence d'un Etat palestinien indépendant, démocratique et viable, qui vivrait en paix et en sécurité au côté d'Israël et de ses autres voisins".

Bien que le Quartette ait promis de "suivre de près la situation à Jérusalem" et se réserve de "prendre des mesures supplémentaires qui pourraient s'avérer nécessaires", il ne dispose pas lui-même de moyens de faire appliquer ses recommandations...

L'Autorité palestinienne se félicite de l'appel du Quartette
"Nous nous félicitons du communiqué et nous demandons au Quartette de transformer ce communiqué en mécanisme contraignant sur le terrain de façon à ce qu'Israël applique ses engagements et notamment en gelant toutes ses activités de colonisation (...) en Cisjordanie et à Jérusalem-est", a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erakat.

"Nous voudrions aussi la création, par le Quartette, d'un système de
surveillance afin de s'assurer qu'Israël stoppe toutes les activités de colonisation (...) en Cisjordanie et à Jérusalem-est", a-t-il ajouté.

Selon Israël, la déclaration du Quartette nuit aux perspectives de paix
"Nous sommes convaincus que tout ceci sera entendu en Israël et qu'ils auront compris correctement le message", a conclu, naïvement, l'hôte de la réunion de Moscou, Sergueï Lavrov. Le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman, a immédiatement rejeté vendredi l'appel du Quartette pour le Proche-Orient à arrêter la colonisation et fixer un calendrier, estimant qu'il "éloignait les perspectives de paix" avec les Palestiniens.

Il a déploré que de telles déclarations "renforcent dans le camp palestinien l'impression fausse qu'il peut aboutir à ses fins en évitant, sous toutes sortes de prétextes, la négociation directe avec Israël". "C'est au tour des Palestiniens de prouver qu'ils sont intéressés à des négociations après que le gouvernement israélien a annoncé qu'il voulait négocier directement et a fait des gestes significatifs en ce sens", a souligné le chef de la diplomatie en allusion au moratoire de dix mois décidé par Israël sur la construction des colonies, hors Jérusalem-Est annexée.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.