Cet article date de plus d'onze ans.

Le projet de zone d'exclusion aérienne se précise, l'Otan surveille la Libye, alors que l'UE prépare des sanctions

La pression diplomatique s'est accentuée lundi sur le régime Kadhafi, de plus en plus isolé sur la scène internationale.Après le soutien apporté par Paris au Conseil national libyen, instance officielle des insurgés, le colonel Kadhafi a accusé Paris d"ingérence" dans les affaires intérieures libyennes.
Article rédigé par
France Télévisions
Publié
Temps de lecture : 3 min.
Le colonel Kadhafi le 2 mars 2011 à Tripoli. (AFP - Mahmud Turkia)

La pression diplomatique s'est accentuée lundi sur le régime Kadhafi, de plus en plus isolé sur la scène internationale.

Après le soutien apporté par Paris au Conseil national libyen, instance officielle des insurgés, le colonel Kadhafi a accusé Paris d"ingérence" dans les affaires intérieures libyennes.

Le Conseil national créé par l'insurrection le 27 février, réuni samedi pour la première fois, s'est déclaré "le seul représentant de la Libye". La France lui a apporté son soutien par la voix du porte-parole du Quai d'Orsay Bernard Valero, qui a salué dimanche sa création.

"Ca fait rire, cette ingérence dans les affaires intérieures. Et si nous, nous nous ingérions dans les affaires de la Corse, de la Sardaigne ?", a réagi le colonel Kadhafi lundi sur France 24. Il a ajouté qu'un "complot" était en cours en Libye, évoquant la présence d'"extrémistes armés", de "groupuscules" et "de cellules dormantes" d'Al-Qaïda "qui ont pris les armes contre la police, l'armée". "Nous sommes partenaires de la lutte contre le terrorisme", a-t-il dit.

Lundi, le chef de la diplomatie libyenne Moussa Koussa a accusé la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis de se livrer à une "conspiration en vue de diviser la Libye".

Juppé contre une intervention militaire
De son côté, le ministre français des Affaires étrangères a estimé qu'une intervention militaire aurait des "effets négatifs" et s'est prononcé en faveur d'une zone d'interdiction aérienne pour empêcher les bombardements ordonnés par le régime de Kadhafi.

Le projet d'exclusion aérienne bientôt présenté à l'Onu
Les diplomates français et britanniques travaillent actuellement à New York sur un projet de résolution de l'Onu y établissant une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Ce projet pourrait être présenté "assez vite", dès cette semaine, a indiqué lundi un diplomate onusien. "Il y a un sentiment d'urgence. On ne peut pas laisser la population se faire massacrer sans rien faire", a affirmé ce diplomate à l'AFP.

Selon le Quai d'Orsay lundi, la Ligue arabe soutient le projet d'une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Libye. Les monarchies du Golfe se sont elles aussi déclarées favorables, lundi soir, à une mise en place de cette zone d'exclusion, au terme d'une réunion à Abou Dhabi.

La diplomatie mondiale s'active
Alain Juppé
, chef de la diplomatie française, et son homologue américaine Hillary Clinton se sont entretenus par téléphone lundi et ont notamment évoqué la crise libyenne, a rapporté le département d'Etat.

"L'Otan n'a pas l'intention d'intervenir" sans mandat de l'Onu, même si les responsables militaires de l'alliance atlantique ont reçu consigne de se préparer à toute éventualité dans cette situation qualifiée de "mouvante". Toutefois, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a déclaré que "si Kadhafi et ses militaires continuent à attaquer la population libyenne de manière systématique, je ne peux imaginer que la communauté internationale et l'Onu restent passives".

Lundi soir, l'ambassadeur des USA auprès de l'Otan a annoncé que l'Alliance atlantique avait mobilisé des avions de reconnaissance Awacs pour surveiller la situation en Libye 24 heures sur 24.

L'Union européenne prépare de son côté de nouvelles sanctions financières contre la Libye, visant notamment la Libyan Investment Authority (LIA), après avoir gelé les avoirs et interdit de visa 26 responsables libyens, ont indiqué lundi des diplomates européens.

Pour sa part, le président américain Barack Obama a prévenu lundi que les collaborateurs de Kadhafi devraient "rendre des comptes". "Entre-temps, au moment même où nous parlons, l'Otan est en train de mener des consultations à Bruxelles au sujet d'une gamme étendue de possibilités, dont des options militaires potentielles, en réaction à la violence qui continue en Libye ", a ajouté le président depuis le bureau ovale.

Au siège des Nations unies, le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a réclamé dimanche soir l'arrêt des "attaques aveugles" contre les populations civiles. Le 26 février, le Conseil de sécurité avait adopté une résolution sur la Libye imposant des sanctions au colonel Mouammar Kadhafi, sa famille et son entourage. Il s'agit d'une interdiction de voyager et d'un gel des avoirs.

Les exactions perpétrées par le régime Kadhafi ont d'autre part été transmises à la Cour pénale internationale (CPI) pour enquête et peuvent être assimilées à des crimes contre l'humanité, selon cette résolution.

Lire aussi:
>>

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Monde

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.