Le président Obama a dénoncé jeudi une décision de la Cour suprême sur le financement électoral

La Cour a décidé d'autoriser les entreprises de financer librement les campagnes électorales nationales, une révolution dans la loi électorale américaine qui limitait ce droit depuis 20 ans.Barack Obama a critiqué "l'irruption brutale" de l'argent des groupes de pression dans les campagnes.

Manifestation devant la Cour suprême des Etats-Unis à Washington le 27 juin 2005
Manifestation devant la Cour suprême des Etats-Unis à Washington le 27 juin 2005 (AFP - Karen BLEIER)

La Cour a décidé d'autoriser les entreprises de financer librement les campagnes électorales nationales, une révolution dans la loi électorale américaine qui limitait ce droit depuis 20 ans.

Barack Obama a critiqué "l'irruption brutale" de l'argent des groupes de pression dans les campagnes.

Contre l'avis de la Maison blanche, qui défendait l'ancienne loi électorale, les neuf "sages" de la plus haute juridiction des Etats-Unis ont estimé que cette levée des limites de financement n'offrait pas un risque accru de corruption.

La Cour a ainsi renversé la règle interdisant aux entreprises privées de puiser dans leur trésorerie pour financer des campagnes en faveur ou en défaveur d'un candidat. Jusqu'alors, ces sociétés ne pouvaient débloquer des fonds qu'au moyen d'un "comité d'action politique" spécialement dédié.

La Cour suprême a également décidé que si un spot électoral n'est pas financé par le candidat lui-même ou son parti, le nom du financeur devait apparaître clairement.

Elle a pris ces décisions au nom du premier amendement de la Constitution. Laquelle érige depuis plus de 200 ans la liberté d'expression au premier rang des valeurs des Etats-Unis d'Amérique.

"Quand le gouvernement essaie d'utiliser son pouvoir (...) pour décider où quelqu'un peut obtenir une information, ou à quelle source il ne peut avoir accès, il recourt à la censure pour contrôler la pensée", a estimé la Cour, qui s'est prononcée par cinq voix contre quatre pour cette analyse. "Les entreprises, comme les individus, n'ont pas une pensée unique", a-t-elle ajouté.

Pour les quatre juges qui ont voté contre, la décision va à l'encontre du "bon sens du peuple américain (...) qui s'est battu contre la possibilité de corruption".