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Le patriarche latin de Jérusalem a lancé vendredi soir un appel à la paix dans un Moyen-Orient déchiré par les conflits

Dans son homélie de Noël à Bethléem, en Cisjordanie occupée, le prélat a évoqué les conflits dans la région. "Notre souhait pour cette fête est que le son des cloches de nos églises couvre le bruit des armes dans notre Moyen-Orient blessé."Mgr Twal a aussi rappelé le sort des chrétiens d'Irak fuyant leur pays depuis la tuerie de Bagdad fin octobre.
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Le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Fouad Twal, célèbre la messe de minuit à Bethléem, le 24 décembre 2010 (AFP / Fadi Arouri)

Dans son homélie de Noël à Bethléem, en Cisjordanie occupée, le prélat a évoqué les conflits dans la région. "Notre souhait pour cette fête est que le son des cloches de nos églises couvre le bruit des armes dans notre Moyen-Orient blessé."

Mgr Twal a aussi rappelé le sort des chrétiens d'Irak fuyant leur pays depuis la tuerie de Bagdad fin octobre.

"Dans un monde déchiré par la violence et l'intégrisme, qui légitime les pires actions, jusqu'aux assassinats dans les églises, l'Enfant de Bethléem vient nous rappeler que le premier commandement est l'Amour. Il nous enseigne le pardon et la réconciliation, même avec nos ennemis", a souligné le patriarche.

Le 31 octobre, une attaque revendiquée par Al-Qaïda contre une église syriaque catholique de Bagdad a coûté la vie à 44 fidèles et deux prêtres, provoquant l'"exode" de plusieurs milliers de chrétiens d'Irak, selon le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR). On compte aujourd'hui un demi-million de chrétiens en Irak, contre 800.000 à 1,2 million en 2003.

Veillant sur les communautés catholiques romaines d'Israël, des Territoires
palestiniens, de Jordanie et de Chypre, Mgr Fouad Twal, 70 ans, a exhorté au dialogue
interconfessionnel et interreligieux. "Ce dialogue est un impératif, il est la réponse à l'athéisme moderne et aux intégrismes qui menacent le Peuple de Dieu. Ainsi, le fanatisme a récemment frappé la communauté chrétienne d'Irak de façon tragique. De telles actions sont unanimement condamnées par chrétiens et musulmans."

En conclusion, Fouad Twal a appelé à prier pour la paix: "Nous souhaitons qu'elle descende sur le peuple d'Israël comme sur le peuple de Palestine et sur tout le Moyen-Orient, afin que nos enfants puissent vivre et grandir dans un environnement serein."

Le président palestinien Mahmoud Abbas était présent à la cérémonie. Les négociations de paix entre Israël et les Palestiniens sont au point mort à la suite du cuisant échec des Etats-Unis dans leur tentative d'obtenir un nouveau gel de la colonisation juive. Durant la messe, les dirigeants de l'Autorité palestinienne ont reçu un cadeau de Noël de l'Equateur, quatrième pays latino-américain à reconnaître la Palestine comme Etat "libre et indépendant".

Avant le début de la cérémonie religieuse, le patriarche latin de Jérusalem avait fait son entrée solennelle dans la ville palestinienne de la Nativité décorée de guirlandes, de drapeaux palestiniens et de bannières du Vatican. Accompagnant Mgr Fouad Twal, la Palestine chrétienne et ses scouts, fanfares et cornemuses en tête, avaient paradé jusqu'à la grande place de la Crèche dans une ambiance de fête populaire.

"En ce Noël, nous souhaitons que Jérusalem devienne non seulement la capitale de deux nations (israélienne et palestinienne), mais aussi un modèle pour le monde entier de bonne entente et de coexistence entre les trois religions monothéistes", avait écrit Mgr Twal, dans le texte de son homélie diffusé avant la traditionnelle messe de minuit. La plus haute autorité catholique en terre sainte doit la célébrer, comme tous les ans, dans l'église Sainte-Catherine, près de la basilique de la Nativité de Bethléem, lieu de naissance du Christ selon les Evangiles.

Un afflux de pèlerins
La ville palestinienne de Bethléem ne désemplit pas de pèlerins et de touristes. Mgr Fouad Twal, s'est félicité, dans son message écrit pour Noël, de cette affluence "qui reflète la dimension universelle de Jérusalem, de Bethléem et de Nazareth". La cité aura accueilli près de 1,5 million de visiteurs en 2010, et la Terre sainte plus de 3 millions (un chiffre record), selon les statistiques palestiniennes.

Bethléem est séparée de Jérusalem par le mur, érigé par les Israéliens en Cisjordanie. Il est en revanche difficile pour les chrétiens du reste des territoires palestiniens de s'y rendre. Israël compte 143.000 chrétiens, et les territoires palestiniens environ 57.000.

Un Noël discret en Irak
Traumatisées par le massacre revendiqué par Al-Qaïda, qui a fait près de 50 morts en pleine messe à Bagdad, les autorités religieuses chrétiennes irakiennes ont décidé d'annuler la plupart des messes de minuit. Les messes de Noël devaient avoir lieu samedi matin et les mesures de sécurité ont été renforcées. Des murs de protection ont été dressés autour des églises et des policiers supplémentaires ont été mobilisés pour les protéger.

"Nous vivons aujourd'hui en Irak une expérience douloureuse, dont le summum a été le massacre de la cathédrale Notre-Dame du perpétuel secours et qui a bouleversé tant les chrétiens que les musulmans, mais nous devons être persévérants", a déclaré vendredi Mgr Louis Sako, l'évêque de Kirkouk (nord).

Sur les 800.000 à un million de chrétiens qui vivaient en Irak avant l'invasion américaine de 2003, il n'en reste plus que la moitié, selon l'ONU, et l'exode continue.

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