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Le nouvel ambassadeur de France à Tunis, Boris Boillon, 41 ans, a dû présenter samedi ses "excuses" aux Tunisiens

"Je m'excuse auprès des journalistes et de tous les Tunisiens", a-t-il déclaré en arabe à la télévision nationale.Quelques heures plus tôt, un rassemblement devant l'ambassade de France avait réclamé son départ, les manifestants fustigeant son "agressivité" et son "manque de diplomatie" lors d'un déjeuner avec des journalistes tunisiens.
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Le 15 février 2011, Boris Boillon, nouvel ambassadeur de France à Tunis. (AFP)

"Je m'excuse auprès des journalistes et de tous les Tunisiens", a-t-il déclaré en arabe à la télévision nationale.

Quelques heures plus tôt, un rassemblement devant l'ambassade de France avait réclamé son départ, les manifestants fustigeant son "agressivité" et son "manque de diplomatie" lors d'un déjeuner avec des journalistes tunisiens.

Arrivé mercredi, Boris Boillon s'est attiré les foudres des Tunisiens en moins de trois jours. Dans une vidéo qui circule sur internet, on le voit tancer des journalistes tunisiens pour leurs questions "débiles", répliquant "n'importe quoi", sur la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie ou sur les liens de la France avec l'ancien président tunisien Ben Ali.

A propos de MAM, il a dit ainsi, lors de cette conférence du 17 février: "Je ne fais pas de commentaires, je ne suis pas au courant." Et de prôner un "contrat de confiance" avec les journalistes.

Selon Mediapart et Rue89, l'échange a tourné à l'aigre quand l'une des journalistes l'a interrogé sur les "leçons" que Paris n'entendait pas donner à Tunis puis quand une autre lui a parlé de son prédécesseur et de ses relations avec Nicolas Sarkozy. "N'essayez pas de me faire tomber sur des trucs débiles franchement. Vous croyez que j'ai ce niveau là? Vous croyez que moi je suis dans la petite phrase débile? Je suis là pour exposer une philosophie", s'est emporté le diplomate, qu'on entend également dire "c'est n'importe quoi!"

Lors d'une manifestation samedi devant l'ambassade de France, avenue Habib Bourguiba à Tunis, environ 500 Tunisiens ont critiqué avec véhémence l'attitude de Boris Boillon lors de la conférence de presse. "M. Boillon, vous occupez un poste diplomatique et vous n'avez rien d'un diplomate", "dégagez, petit Sarko !", "Boris Boillon, dégage !" (allusion directe aux "Ben Ali, dégage" scandés il n'y a pas si longtemps), "C'est vous qui faites honte à la France", pouvait-on lire sur les banderoles des manifestants, mobilisés par des appels sur Facebook. Ou encore: "Boris Boillon est un mercenaire et un imposteur."

L'ambassadeur, soutenu par le Quai d'Orsay, a néanmoins dû s'excuser. "J'ai une énergie et une volonté bien déterminée de promouvoir des relations bilatérales. J'ai été spontané plus que je n'aurais dû l'être. Dorénavant je dois parler de manière plus polie", a-t-il ajouté.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a minimisé l'ampleur de la polémique. "C'est un incident isolé", a dit sur RTL le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero. "Sa feuille de route c'est d'accompagner la Tunisie sur le chemin de la démocratie et du développement", a-t-il ajouté.

Face au tollé, le nouvel ambassadeur , qui fut conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur, a aussi adressé un message d'apaisement via Twitter: "Vraiment désolé si j'ai pu offenser. Ce n'était pas mon intention", écrit-il. Sur Facebook, il dit reconnaitre ses "erreurs et maladresses".

"On mérite des excuses publiques et à la TV", s'était alors indignée une internaute sur la page Facebook intitulée "Tous contre Boillon" à laquelle plus de 7000 personnes avaient souscrit samedi.

Ambassadeur arabophone de 41 ans, Boris Boillon, qui occupait précédemment le poste très sensible de Bagdad, remplace Pierre Ménat, 60 ans, qui a fait les frais des erreurs d'appréciation de la diplomatie française lors de la révolution tunisienne.

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