Le directeur du Novotel d'Abidjan qui avait été enlevé est mort, selon son avocat

"La juge d'instruction (Patricia Simon) a annoncé par téléphone à 13H00 à sa famille le décès de Stéphane Frantz di Rippel", a indiqué Me Pierre-Olivier Sur.Le ministère français des Affaires étrangères avait annoncé mercredi soir que deux corps étaient en cours d'identification. L'expertise se poursuit.

Le quartier d\'Abobo à Abidjan, le 2 mars, quelques jours après le clash entre manifestants et forces loyales à Gbagbo.
Le quartier d'Abobo à Abidjan, le 2 mars, quelques jours après le clash entre manifestants et forces loyales à Gbagbo. (AFP - Issouf Sanogo)

"La juge d'instruction (Patricia Simon) a annoncé par téléphone à 13H00 à sa famille le décès de Stéphane Frantz di Rippel", a indiqué Me Pierre-Olivier Sur.

Le ministère français des Affaires étrangères avait annoncé mercredi soir que deux corps étaient en cours d'identification. L'expertise se poursuit.

Selon la radio française Europe 1, ce sont bien les deux Français enlevés qui ont été retrouvés assassinés. Interrogé, le Quai d'Orsay a refusé jeudi de confirmer ces informations, se bornant à répéter que les "analyses d'identification sont en cours".

Selon une source proche du dossier, les deux corps soumis à l'expertise ont été retrouvés mardi dans la lagune près de la capitale ivoirienne. Les "ossements humains ont été récupérés" mercredi par les deux équipes d'enquêteurs, français et ivoiriens, en présence d'un médecin-légiste, selon le ministère ivoirien de l'Intérieur.

Les Français enlevés le 4 avril
Le directeur du Novotel a été enlevé le 4 avril avec un autre Français Yves Lambelin, président de Sifca, première entreprise privée de Côte d'Ivoire, un Malaisien, Chelliah Pandian, directeur général de Sania, filiale du groupe Sifca, et un Béninois, Raoul Adeossi, assistant de M. Lambelin.

Tous les quatre ont été kidnappés par des hommes armés au sein de l'hôtel. Abidjan était alors en proie à de violents combats entre fidèles du président sortant Laurent Gbagbo et partisans de l'alors président-élu Alassane Ouattara. Selon les nouvelles autorités ivoiriennes, ils auraient été amenés après leur rapt au palais présidentiel, alors tenu par les fidèles de Laurent Gbagbo.

Le ministre ivoirien de la Justice avait assuré le 30 avril à l'AFP que la piste principale dans leur enlèvement était celle de l'implication de "miliciens et d'éléments de la Garde républicaine" de l'ex-président Gbagbo. Forte de quelque 2.500 hommes, cette unité représentait un des piliers sécuritaires du régime Gbagbo.

Elle était régulièrement accusée d'être responsable d'exactions contre les civils pendant la crise qui a suivi le scrutin présidentiel de novembre 2010, remporté par M. Ouattara mais dont le résultat n'avait pas été accepté par M. Gbagbo, finalement arrêté le 11 avril.

Le 21 mai, le président français Nicolas Sarkozy avait indiqué espérer que les deux Français étaient toujours vivants et promis que les auteurs de leur enlèvement seraient "punis sévèrement".

Une instruction judiciaire a été ouverte en France.