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Le Chili est le 1er producteur mondial de cuivre (1/3 de l'offre planétaire) et il produit de l'or, de l'argent, du zinc

"Que cela ne se produise plus jamais, ni dans mon pays ni dans aucun autre au monde..." les mots d'Edison Pena, l'un des 33 miraculés de la mine de San José, rappellent l'urgence de renforcer la sécurité du secteur minier au Chili, hissée au rang de priorité par le gouvernement.
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Les "33" le 14 octobre 2010 à l'hôpital de Copiapo (AFP Jose Manuel de la Maza)

"Que cela ne se produise plus jamais, ni dans mon pays ni dans aucun autre au monde..." les mots d'Edison Pena, l'un des 33 miraculés de la mine de San José, rappellent l'urgence de renforcer la sécurité du secteur minier au Chili, hissée au rang de priorité par le gouvernement.

Dans les semaines suivant l'accident du 5 août, l'exécutif a annoncé une réforme de la sécurité dans ce secteur représentant 15,5% de son PIB et plus de la moitié de ses exportations (plus de 30 milliards de dollars, 22 milliards d'euros) l'an dernier. Le budget va être plus que doublé, à 56 millions de dollars (40 million d'euros) et le nombre d'inspecteurs triplés, à 45 pour 174.000 travailleurs répartis dans 3.500 entreprises.

La réforme passe aussi par une refonte du Service national de Géologie et des Mines (Sernageomin) et des recommandations d'ici novembre d'un comité d'experts pour revoir la législation actuelle en matière de sécurité minière.

"Nous ne tolérerons plus qu'on puisse travailler dans ces conditions aussi peu sûres et humaines comme c'était le cas à la mine San José, et dans beaucoup d'autres endroits", a promis le président Sebastian Pinera après le sauvetage des "33" mercredi.

San José était un cas d'école: une mine de taille moyenne (150 mineurs), vieille (exploitée depuis plus de 110 ans) et laxiste en matière de sécurité. Des proches des mineurs et d'anciens de San José ont accusé la direction d'avoir surexploité la mine, et ignoré les avertissements de mineurs qui disaient que la mine "résonnait", signe selon les hommes d'un affaissement à venir.

Quand les 33 piégés par l'éboulement ont voulu sortir par les cheminées de ventilation verticales, "les échelles n'arrivaient que jusqu'à une certaine hauteur", a raconté le mineur Richard Villaroel depuis son lit d'hôpital.

Aux côtés des groupes géants dont la sécurité est vantée, les BHP Billiton, Xstrata ou Barrick, les petites unités concentrent la majorité des 31 morts enregistrés chaque année dans les mines chiliennes. De fait, les politiques chiliens s'évertuent à dissocier les "bons" et les "mauvais" entrepreneurs miniers, mais avouent aussi une certaine impuissance.

Cérémonie religieuse dimanche

Plusieurs des 33 mineurs chiliens, qui ont quitté vendredi l'hôpital où ils étaient en observation et en soins, sont revenus dimanche sur le lieu de leur épopée. Un seul mineur Victor Zamora est encore à l'hôpital jusqu'à mardi, pour suivi de problèmes dentaires.

Les mineurs, leurs familles et amis étaient attendus pour une cérémonie religieuse sur le carreau de la mine d'or et de cuivre de San José. La cérémonie vise à honorer la solidarité et la détermination qui ont permis à ces 33 hommes de survivre pendant plus de deux mois sous terre.

Deux cuillères de thon et la moitié d'un biscuit sec
Les familles ont appris comment, acculés au désespoir, les 33 ont vécu pendant les 17 jours qui ont précédé leur localisation. "Le pire moment fût au moment du second éboulement, lorsque le puits a été entièrement obstrué", a raconté Richard Villaroel

Selon le témoignage de Richard Villarroel, les 33 se sont précipités vers les conduites d'air pour faire brûler des pneus afin d'attirer l'attention des sauveteurs en surface. Comprenant que leur odyssée risquait de durer un certain temps, ils ont limité leur alimentation quotidienne à deux cuillères de thon et la moitié d'un biscuit sec chacun.

Lorsque le bruit des premiers travaux de forage est parvenu à leurs oreilles le 22 août, les emmurés ne se nourrissaient très légèrement que toutes les deux heures. Et quand leur réserve d'eau minérale est tombée à dix litres, ils ont bu de l'eau provenant de fûts métalliques contenant des restes d'huile de moteur.

Fragilisés psychologiquement
Pourtant, plusieurs miraculés de l'Atacama ont admis avoir eu peur de mourir lors des premières semaines de captivité. Certains sont même "dans un état très délicat sur le plan psychologique", a déclaré vendredi le ministre de la Santé, Jaime Manlich.

Après leur sauvetage, les mineurs ont paru dans une forme relative, doté d'un moral également bon après 69 jours passés dans les entrailles de la Terre.

Bientôt un film
Certains d'entre eux devraient se voir proposer de raconter leur expérience dans des livres ou pour une adaptation au cinéma, où une actrice devra incarner l'infirmière Marcela Zuniga, dont la voix, au bout d'un téléphone improvisé, les a apaisés et les a aidés à rester lucides. "Pendant trois semaines j'ai été la seule femme à parler avec les mineurs et cela m'a surpris quand ils ont dit aux psychologues qu'ils rêvaient de ma voix la nuit", a-t-elle dit.

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