Le chargement du combustible dans le réacteur de la première centrale nucléaire iranienne a commencé samedi matin

Cette opération fait officiellement de la centrale de Bouchehr (sud de l'Iran) une installation nucléaire.Il "est totalement inacceptable qu'un pays qui viole si ouvertement" les traités internationaux "jouisse des fruits de l'utilisation de l'énergie nucléaire", a indiqué Israël samedi.

Le réacteur nucléaire de la centrale iranienne de Bushehr
Le réacteur nucléaire de la centrale iranienne de Bushehr (AFP/ATTA KENARE)

Cette opération fait officiellement de la centrale de Bouchehr (sud de l'Iran) une installation nucléaire.

Il "est totalement inacceptable qu'un pays qui viole si ouvertement" les traités internationaux "jouisse des fruits de l'utilisation de l'énergie nucléaire", a indiqué Israël samedi.

L'opération a été réalisée en présence du vice-président Ali Akbar Salehi, chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique et de Sergueï Kirienko, chef de l'agence nucléaire russe Rosatom qui a dirigé la construction de la centrale.

Le chargement des 163 barres de combustible dans le coeur du réacteur, sous la supervision de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), devrait prendre environ deux semaines, pour s'achever vers le 5 septembre.

Il faudra ensuite environ deux mois pour que le réacteur atteigne 50% de sa puissance et que la centrale de 1.000 megawatts puisse être raccordée au réseau électrique fin octobre ou début novembre, selon le porte-parole de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) Ali Shirzadian.

Cette accession officielle de l'Iran à l'énergie atomique intervient alors que la République islamique est sous le coup de six résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU, dont quatre assorties de sanctions, pour son programme nucléaire soupçonné de dissimuler des objectifs militaires.

Le lancement de la centrale de Bouchehr constitue un succès technologique et politique pour l'Iran, et "une arête en travers de la gorge de ses ennemis", a souligné M. Salehi à la veille de l'opération.

Il intervient 35 ans après le début des travaux, entamés par l'Allemagne à l'époque du Shah avant d'être interrompus par la révolution islamique de 1979 et la guerre contre l'Irak, puis d'être repris par la Russie en 1995. La centrale va par ailleurs demeurer plusieurs années sous le contrôle conjoint de techniciens russes et iraniens.

Bouchehr "est totalement protégée de tout risque de prolifération", a affirmé le ministre russe des Affaires étrangères Serguei Lavrov. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov a affirmé pour sa part vendredi que la centrale de Bouchehr serait utilisée uniquement à des fins civiles et cela est "garanti à 100%".