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La mutinerie de militaires burkinabè s'est étendue à d'autres corps d'armée et à trois autres villes

Dans la nuit de dimanche à lundi, Kaya (nord) a été gagnée par la mutinerie débutée jeudi soir dans la capitale Ouagadougou au sein de la garde du président Compaoré.Koudougou (ouest) a été touchée lundi par une violente manifestation de jeunes qui ont incendié le siège du parti au pouvoir et une résidence de l'ex-Premier ministre, Tertius Zongo.
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Un bus incendié dans une rue de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, le 16 avril 2011. (AFP PHOTO / AHMED OUOBA)

Dans la nuit de dimanche à lundi, Kaya (nord) a été gagnée par la mutinerie débutée jeudi soir dans la capitale Ouagadougou au sein de la garde du président Compaoré.

Koudougou (ouest) a été touchée lundi par une violente manifestation de jeunes qui ont incendié le siège du parti au pouvoir et une résidence de l'ex-Premier ministre, Tertius Zongo.

Dans la capitale, qui depuis jeudi soir avait des allures de ville morte, la vie a toutefois repris son cours normal lundi matin, a constaté un journaliste de l'AFP, la plupart des banques et des services publics ayant rouvert leurs portes.

Sur le marché central, théâtre samedi de violences provoquées par des commerçants excédés par l'action des militaires qui avaient pillé et saccagé de nombreuses boutiques, les mêmes commerçants n'avaient pas ouvert leurs étals.

Le gouvernement a ordonné lundi la réouverture des stations-services dont la fermeture avait provoqué des problèmes d'approvisionnement en carburant.

Au moins 43 personnes ont été blessées par balle depuis jeudi à Ouagadougou et deux à Pô, selon un décompte réalisé à partir de sources hospitalières. Des cas de viols ont également été signalés.

Pour tenter de contenir la révolte, Blaise Compaoré a versé à la garde présidentielle une prime de logement et d'alimentation promise, dissous son gouvernement, nommé de nouveaux responsables des forces armées et instauré un couvre-feu dans la capitale.

Le pouvoir est confronté depuis février à plusieurs mouvements de contestation des jeunes, des magistrats, des commerçants et des soldats. Au moins six personnes ont été tuées lors de manifestations violentes.

Le 8 avril, des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté pacifiquement dans plusieurs villes du pays contre le régime Compaoré, dénonçant également des conditions de vie de plus en plus difficiles.

M.Compaoré a été réélu quatre fois avec plus de 80% des voix depuis son arrivée au pouvoir en 1987 par un coup d'Etat. Son mandat en cours, entamé en novembre 2010, doit théoriquement s'achever en 2015.

Compaoré au pouvoir depuis 24 ans
Blaise Compaoré
, au pouvoir depuis 24 ans, qui réside habituellement au palais présidentiel de Ouagadougou d'où est partie la mutinerie, l'a quitté dans la nuit de jeudi à vendredi pour se rendre à Ziniaré, la ville où il est né, et y rester quelques heures avant de revenir vendredi matin.

Fin mars, déjà, des militaires en colère qui protestaient contre la condamnation et l'emprisonnement de certains de leurs camarades inculpés dans des affaires de moeurs et de viols, s'étaient emparés d'armes de guerre dans des garnisons de plusieurs villes, dont Ouagadougou. Ils avaient déjà tiré en l'air dans les rues, pillé des boutiques et libéré certains de leurs camarades emprisonnés.

Après ces incidents, le président Compaoré avait rencontré toutes les composantes de son armée, des simples soldats aux généraux, et annoncé la "fin de la crise" à l'issue de ces rencontres.

Cette mutinerie a entraîné la dissolution du gouvernement dirigé par le Premier ministre Tertius Zongo et le limogeage du chef d'état-major des armées, le général Dominique Djindjéré, remplacé par le colonel-major Honoré Nabéré Traoré.

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