La famille française, dont quatre enfants, enlevée au Cameroun a été libérée

La famille Moulin-Fournier, enlevée le 19 février au Cameroun a été libérée : les trois adultes et quatre enfants sont en bonne santé, confirme l'Elysée. Sans donner de détails sur les conditions de leur libération, les autorités camerounaises évoquent une coopération étroite entre les autorités camerounaises, nigérianes et françaises. Laurent Fabius est arrivé dans la soirée à Yaoundé.

(AFP)

Deux mois, jour pour jour, après leur enlèvement au Cameroun, les Moulin-Fournier ont été libérés. Ils sont "sains et saufs", et ont été "remis aux autorités camerounaises", précise le porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchroma Baccari. Information confirmée peu après par l'Elysée.
La Présidence de la République annonce dans un communiqué (ci-dessous) que Laurent Fabius se rend immédiatement sur place : les otages sont "extrêmement heureux et en forme", se félicite le chef de la diplomatie française, après les avoir eus au téléphone.

Aucune précision pour l'instant sur les conditions de la libération de nos compatriotes. Intervention militaire, libération négociée, paiement d'une rançon ? Le ministre camerounais ne donne pas de détails, se bornant à évoquer "une coopération étroite entre les autorités des trois pays, Cameroun, Nigeria et France". Au nom de "la discrétion, sous le sceau du secret et de la confidentialité", Issa Tchroma Baccari n'en dira pas plus.

"Guerre contre l'islam menée par la France"

Tanguy Moulin-Fournier, un cadre de GDF Suez en poste au Cameroun depuis 2011, son épouse Albane, leurs quatre garçons âgés de 5 à 12 ans et le frère de Tanguy Moulin-Fournier qui les avait rejoints pour les vacances, avaient été enlevés le 19 février dans l'extrême-nord du Cameroun, tout près de la frontière du Nigeria. Alors qu'ils venaient de quitter le parc national de Wasa, leur 4x4 est intercepté par des hommes à moto. Le véhicule est abandonné sur place et la famille emmenée au Nigeria voisin, où les otages seront semble-t-il séparés en deux groupes.

Le 25 février, une vidéo montre les otages, entourés de ravisseurs en armes et le visage caché par des chèches : ils se réclament de Boko Haram. L'un d'eux établit un lien entre l'enlèvement et "la guerre contre l'islam menée par la France". Il exige la libération de prisonniers détenus au Nigeria et au Cameroun.
La secte islamique Boko-Haram est très active dans cette région, théâtre depuis des années d'attentats et d'assassinats réprimés dans le sang par les forces de sécurité nigérianes. 

"Nous perdons nos forces chaque jour et commençons à être malades, nous ne tiendrons pas longtemps" (Tanguy Moulin-Fournier)

Il y a un mois, le 18 mars, dans un enregistrement sonore, Tanguy Moulin-Fournier évoquait des "conditions de vie très dures [...] Nous perdons nos forces chaque jour et commençons à être malades, nous ne tiendrons pas longtemps", prévient-il.

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