Cet article date de plus de huit ans.

L'islamiste Abou Qatada extradé vers la Jordanie et inculpé pour terrorisme

Après des années de procédure, l'islamiste Abou Qatada, a finalement été expulsé de Londres. Dès son atterrissage à Amman, capitale de le Jordanie, celui qui est parfois surnommé "l'ambassadeur de Ben Laden en Europe" a été inculpé pour terrorisme dimanche matin. Réfugié en Grande-Bretagne depuis 20 ans, condamné deux fois par contumace par la justice jordanienne, Abou Qatada ne se laisse pas impressionner : il plaide non-coupable.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (SIPA)

Accusé de virulents prêches anti-occidentaux,
anti-américains et antijuifs, Abou Qatada était considéré comme une "menace
pour la sécurité nationale" en Grande-Bretagne. Installé à Londres depuis 1993, il a réussi à repousser son
expulsion pendant des années. Extradé de Londres vers la Jordanie, le prédicateur a finalement été inculpé pour "complot en vue de commettre des actes terroristes" ce dimanche. Qatada, habitué des tribunaux, n'a pas tardé à répondre en plaidant non coupable.

Entre les mailles du filet

De son vrai nom Omar Mahmoud Mohammed Othman, l'homme est né en Palestine, alors sous autorité jordanienne. Abou Qatada avait demandé l'asile au Royaume-Uni en 1993. Accusé de "préparation d'attentats", Abou Qatada avait  été condamné à mort par contumace par la justice jordanienne, en 1999. Une peine rapidement commuée en prison à vie assortie de travaux forcés. Jugé pour une autre affaire similaire en 2000, il a aussi été condamné à 15 ans de prison.

Aujourd'hui, la Jordanie veut le rejuger. Depuis 2002, il n'a fait qu'entrer et sortir de prison en Grande-Bretagne, en vertu de la législation antiterroriste. A son atterrissage à Amman dimanche matin, le prédicateur a été escorté par des agents britanniques et jordaniens et remis aux enquêteurs de la cour de sécurité d'Etat. Son épouse et ses cinq enfants, eux, devraient rester au Royaume-Uni.

Un jugement juste

Surnommé l'"ambassadeur européen de ben Laden" ou
encore le "chef spirituel d'Al-Qaïda" en Europe, l'islamiste a combattu
son expulsion vers la Jordanie devant la justice britannique et la justice européenne.
Pour bloquer son extradition, la Cour européenne des droits de l'Homme avait
avancé l'argument d'une possible obtention
sous la torture des preuves utilisées contre lui.

"Les tribunaux jordaniens bénéficient d'une intégrité et d'un respect des droits de l'Homme" (Porte-parole du gouvernement jordanien)

Il y a quelques semaines, l'Angleterre et la Jordanie ont
signé un traité qui, sans mentionner le cas précis du prédicateur, garantit que
les preuves obtenues par la torture ne pourront pas être utilisées contre la
personne concernée. Réagissant à cette nouvelle, Abou Qatara a finalement accepté de rentrer en Jordanie.

A Amman, le gouvernement a garanti la "crédibilité et
la transparence" du procès pour terrorisme qui attend le radical islamiste. Une transparence à relativiser : ce dimanche, la presse n'a pas été autorisée à pénétrer dans la salle d'audience pour entendre l'énoncé des chefs d'inculpation. Le
porte-parole du gouvernement jordanien Mohammad Momani a affirmé également que "les lois du
royaume garantissent un procès équitable aux suspects
".

Un extradition attendue avec impatience

En mai, le Premier ministre britannique David Cameron avait
dit qu'il serait "l'une des personnes les plus heureuses de Grande-Bretagne "
après l'expulsion d'Abou Qatada. En l'extradant, Londres ne fait que
prolonger une longue lutte contre le refuge en Angleterre.

Le porte-parole du gouvernement jordanien Mohammad Momani fait
du cas Qatara un exemple : "l'expulsion
d'Abou Qatada, qui résulte d'une coordination et d'une coopération
Jordano-britannique, rappelle à tous les fugitifs qu'ils devront répondre
devant la justice en Jordanie
".

En octobre dernier, le célèbre islamiste Abou
Hamza avait été extradé vers les Etats-Unis
après huit années de bataille
judiciaire.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Monde

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.