L'Egypte ou la révolution en 18 jours

La Tunisie vient d'ouvrir la voie, Ben Ali a quitté le pouvoir le 14 Janvier. Une démission sous la pression qui inspire les révolutionnaires égyptiens. Du 25 janvier, date de la première manifestation, au 11 février, démission de Hosni Moubarak, 18 jours suffisent à faire tomber le principal allié des Etats-Unis dans le monde arabe.

(Goran Tomasevic Reuters)

Avant même que les événements de Tunisie ne circulent sur internet des images d'un jeune Egyptien, Khaled Saïd, aurait été tabassé à mort par la police d'Hosni Moubarak en juin 2010 à Alexandrie. Lorsque, inspirés par les Tunisiens, les Egyptiens organisent leur premier "jour de colère" le 25 janvier, l'un des mots d'ordre lancés sur Facebook est "Nous sommes tous des Khaled Saïd".

Les manifestations se succèdent, réunissant des centaines de milliers de personnes à travers le pays, notamment sur la place Tahrir du Caire qui devient le symbole de la "révolution du Nil". Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, multiplie les concessions et les adresses solennelles à la nation mais là encore, rien n'y fait. Après des années de résignation, les manifestants ne veulent plus rien d'autre que son départ pur et simple.

Le 11 février, un vendredi comme le 14 janvier fatal à Ben Ali, un groupe d'hélicoptères s'élève dans le ciel du Caire, passe non loin de la place Tahrir et s'éloigne. Moubarak s'en va, définitivement. Avec le consentement de la population,  qui lui sait gré d'avoir évité un bain de sang, l'armée prend les rênes du pays, promet de transférer le pouvoir à un gouvernement civil et s'engage à respecter les traités internationaux, notamment la paix signée en 1979 avec Israël.

La confiance envers les militaires s'effrite toutefois peu à peu. Le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui et son Conseil suprême des forces armées (CSFA), au fonctionnement opaque, sont soupçonnés de manoeuvrer en coulisses pour conserver le pouvoir et préserver les intérêts tentaculaires de l'armée et les manifestations reprennent en novembre sur la place Tahrir.

Ce climat tendu n'empêche pas les Egyptiens de voter en nombre à partir du 28 novembre lors d'un scrutin au déroulement complexe dans lequel la confrérie islamiste des Frères musulmans, interdite mais tolérée par Hosni Moubarak, place de grands espoirs.