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L'agence de notation Standard and Poor's a averti lundi les Etats-Unis qu'ils risquaient de perdre leur note "AAA"

L'annonce a provoqué la stupeur dans le milieu financier. Dans le monde des marchés de crédit, le "triple A" permet aux pays et entreprises qui l'ont obtenu d'emprunter à des taux très intéressants.Le président Barack Obama et son secrétaire au Trésor Timothy Geithner ont souligné mardi qu'ils ne laisseraient pas ce scénario se produire.
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Dans le monde des marchés de crédit, le "triple A" est synonyme de  laissez-passer. (AFP - Stan Honda)

L'annonce a provoqué la stupeur dans le milieu financier. Dans le monde des marchés de crédit, le "triple A" permet aux pays et entreprises qui l'ont obtenu d'emprunter à des taux très intéressants.

Le président Barack Obama et son secrétaire au Trésor Timothy Geithner ont souligné mardi qu'ils ne laisseraient pas ce scénario se produire.

Le gouvernement américain déterminé...
M. Obama qui parlait de déficit budgétaire lors d'une réunion publique en banlieue de Washington, a expliqué que tout allait être résolu en suivant son plan, présenté la semaine précédente.

"Il faut que l'Amérique se mette à vivre selon ses moyens", a-t-il promis. "Je n'abandonnerai pas tant que nous n'aurons pas trouvé le moindre centime d'argent gâché ou mal dépensé".

Avant l'ouverture de la Bourse de New York, son secrétaire au Trésor Timothy Geithner est intervenu sur les trois chaînes financières américaines, CNBC, Bloomberg et Fox Business. Il a expliqué que les Etats-Unis s'en sortaient mieux que d'autres pays notés "AAA", comme l'Allemagne, la France ou le Royaume-Uni, qu'il s'est gardé de citer.

"Je ne suis pas d'accord" avec Standard and Poor's, a-t-il dit sur CNBC, rejoignant la cohorte des responsables politiques qui, en Europe surtout, ont critiqué ces derniers mois les annonces des agences de notation.

Selon les estimations du FMI, les Etats-Unis devraient afficher en 2011 le déficit budgétaire le plus élevé du monde, à égalité avec l'Irlande, à 10,8% du produit intérieur brut.

... et confiant
Pour M. Geithner, les Etats-Unis ont tous les atouts. "Si on regarde l'économie américaine aujourd'hui, son taux sous-jacent de croissance est considérablement plus fort que celui de n'importe quelle grande économie", a expliqué le secrétaire au Trésor, rappelant que la croissance des Etats-Unis est deux fois supérieure à celle de l'Europe.

"Nous avons un pays plus jeune, ce qui est très important dans ce contexte", a-t-il poursuivi. Et "nos engagements vis-à-vis de nos citoyens, en terme de retraites, de santé, sont beaucoup, beaucoup plus faibles que ceux pris par n'importe quelle autre grande économie".

Nécessité de trouver un accord sur le budget

En théorie, l'avertissement de Standard and Poor's devrait pousser l'administration du président Barack Obama et l'opposition républicaine à trouver un terrain d'entente sur une réduction du déficit budgétaire.

Mais l'échéance des scrutins présidentiel et législatif de l'automne 2012 pourrait pousser démocrates et républicains à s'arcbouter sur leurs positions.

Selon l'agence Standard and Poor's: "il y a un risque important que les négociations au Congrès n'aboutissent à aucun accord sur une stratégie budgétaire à moyen terme avant les élections"

Conséquences d'une dégradation de la note

Selon les experts, cet avertissement pourrait annoncer des changements radicaux pour l'économie américaine et mondiale.

Premier risque pointé par les économistes, la perte de la souveraineté du dollar considéré à ce jour comme la monnaie de référence. Décrit par certains comme un "privilège exorbitant", le statut du dollar rapporterait même aux Etats-Unis 40 à 70 milliards de dollars chaque année, selon une étude du cabinet McKinsey datant de 2009.

Pour les ménages, un abaissement de la note provoquerait une hausse des taux hypothécaires, enfonçant un marché de l'immobilier déjà morose, précise Inna Mufteeva, de la banque Natixis.

Les sociétés de leur côté "verraient les coûts de financement augmenter, ce qui pénaliserait les investissements productifs", ajoute l'économiste.

La relation entre les Etats-Unis et ses principaux créanciers, la Chine, le Japon et l'Europe, pourrait aussi être transformée.

Perdre la note "AAA" risquerait en outre de rendre plus difficile la tâche de réduction du déficit, parce que cela risque d'augmenter les taux d'intérêt des emprunts d'Etat.

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