Kobané résiste toujours aux djihadistes qui envoient des renforts

Les combats ont repris dimanche soir à Kobané au nord de la Syrie. Une ville assiégée depuis un mois par les djihadistes. Face à la résistance des défenseurs kurdes, ils ont envoyé des renforts.

(Les combats se poursuivent à Kobané, ville assiégée par les djihadistes © REUTERS/Umit Bektas)

Les défenseurs kurdes de Kobané, ville du nord de la Syrie assiégée depuis près d'un mois, résistent toujours aux djihadistes de l'Etat islamique. Dimanche, à la tombée de la nuit, le centre de cette localité adossée à la frontière turque était la cible de tirs nourris d'artillerie et de mortier. De violents combats ont en outre éclaté dans l'est et le sud-est de la ville.

 

Selon Idris Nassan, vice-ministre des Affaires étrangères du gouvernement kurde de la région, les affrontements ont débuté à la tombée de la nuit. Des assaillants sont notamment tombés dans une embuscade des forces kurdes, a-t-il précisé.

La Turquie n'autorise pas de renforts kurdes

La défense des forces kurdes a obligé les djihadistes à faire venir des troupes en provenance de Raqa et Alep, leurs bastions du nord syrien. "Ils envoient même des hommes qui n'ont pas beaucoup d'expérience du combat ", a indiqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. "Il s'agit bien d'une bataille cruciale pour eux. S'ils n'arrivent pas à prendre Kobané cela va porter un coup dur à leur image (...). Ils ont mis tout leur poids dans cette bataille ".

 

Des renforts dont ne disposent pas les défenseurs kurdes de la ville. Vendredi, Staffan de Mistura, émissaire de l'Onu en Syrie, a prié la Turquie de laisser des "volontaires" se rendre à Kobané pour prêter main forte aux combattants kurdes. Les représentants de la communauté kurde de Turquie demandent eux aussi à Ankara d'ouvrir un corridor pour permettre l'acheminement de renforts et d'armes dans la ville. Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a opposé une fin de non-recevoir à ces demandes, expliquant que l'idée était "irréaliste ".

Kerry évoque une "tragédie"

La coalition formée à l'initiative de Washington pour combattre l'Etat islamique a intensifié ces derniers jours ses raids aériens contre les positions djihadistes autour de la ville, mais les Etats-Unis eux-mêmes reconnaissent que ces frappes ne pourront sans doute pas empêcher sa chute.

 

Le secrétaire d'Etat John Kerry s'est à nouveau ému dimanche de la "tragédie " qui s'y déroule, mais a répété que la stratégie américaine ne dépendait pas du sort de ville.

 

Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a quant à lui assuré samedi que les frappes aériennes avaient permis d'enregistrer certains progrès, mais a reconnu que Kobané posait "un problème très difficile".