Fukushima, Espagne, Israël : ce que l'affaire DSK a occulté

Faisant l'ouverture de presque tous les journaux depuis une semaine, l'affaire DSK, véritable coup de tonnerre, a rendu moins visibles d'autres évènements : de la découverte de la fusion du combustible dans trois des six réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima au mouvement de protestation sociale en Espagne, de la répression en Syrie aux suites du coup de semonce d'Obama à Israël.

(Radio France © France Info)

18 MAI :

  • des ouvriers pénètrent dans le bâtiment du réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Fukushima. Ils confirment de visu ce que l'opérateur Tepco craignait : le combustible nucléaire a fondu. Le même constat avait été fait pour le réacteur n°1, et il sera fait quelques jours plus tard pour le réacteur n°3. De graves fusions nucléaires se sont donc produites dans la moitié des réacteurs de la centrale, frappée par le tremblement de terre, puis par le tsunami du 11 mars. Mais Tepco assure que grâce aux opérations de refroidissement, “la situation est stable”. L'opérateur a également annoncé vendredi dernier que les quatre premiers réacteurs seraient démantelés. La construction des n°7 et 8 sera stoppée. Resteront deux réacteurs à Fukushima, les n°5 et 6.

    Et ce n'est pas tout. L'eau radioactive pose également des problèmes plus sérieux que prévu. Dans le réacteur n°1, une fuite qui pourrait remplir une piscine olympique a été décelée, contraignant Tepco à abandonner un plan prévu pour une petite quantité d'eau. Ailleurs, c'est le stockage de ce liquide hautement radioactif qui pose un problème. Hier, les responsables ont annoncé que les containers prévus pour la recueillir étaient presque pleins. A ce rythme, ils devraient l'être ce vendredi. Et Tepco craint de nouvelles fuites radioactives dans l'océan Pacifique. Une barge de 136 mètres de long a été amarrée dimanche près de la centrale. Elle devrait recueillir 10.000 tonnes d'eau sur les 90.000 stockées à Fukushima.

    Pour Tepco, ces difficultés ne remettent toutefois pas en cause le calendrier des opérations à Fukushima : face aux experts qui se sont montrés sceptiques face à son optimisme, l'opérateur maintient que les fuites radioactives devraient être résorbées en juillet, et que la situation sera totalement sous contrôle d'ici la fin de l'année. Le président de Tepco, Matakata Shimizu, n'en a pas moins démissionné, en présentant ses excuses.

    Les conséquences de l'accident nucléaire semblent loin d'être toutes cernées. Le 14 mai, un troisième ouvrier qui travaillait sur la centrale est décédé, pour des raisons inconnues. Tepco assure qu'aucune trace de radioactivité mortelle n'a été décelée sur ce travailleur contractuel d'une soixantaine d'années.
    Autour de la centrale, les niveaux de radioactivité sont inquiétants, selon un laboratoire français, l'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'ouest (Acro). “Dans la préfecture de Fukushima, les niveaux sont comparables à ceux que l'on trouve autour de Tchernobyl”, affirment les analystes, qui ont travaillé sur des échantillons envoyés par des bénévoles. Et les prélèvements dans les préfectures voisines ne sont guère rassurants : à Sendaï par exemple, à 80km au nord, les légumes sont impropres à la consommation. L'eau de mer est contaminée au moins jusqu'à une quarantaine de kilomètres. L'inquiétude monte aussi à Tokyo. Des cendres radioactives ont été retrouvées dans des stations d'épuration, sans qu'il soit pour l'instant possible de dire si cette contamination vient de Fukushima.
    Malgré ces informations, un haut responsable médical japonnais affirme que les conséquences sanitaires de la catastrophe seront moins graves que celles de Tchernobyl : “Nous ne pensons pas que les radiations au Japon contribueront à la multiplication des risques de cancer et de leucémie”, a expliqué Makoto Akashi, chef du Centre de Recherche médicales sur les radiations de l'Institut national des Sciences radiologiques du Japon.

    16 MAI :

  • Puerta del sol, à Madrid, Stéphane Hessel et les révolutions arabes inspirent les “indignés” espagnols : En ce début de semaine, ils sont près d'un millier dans ce lieu symbole de la capitale espagnole, à crier leur colère contre les politiciens, le chômage de masse et les conséquences de la crise financière (lire notre article). Leur cri de ralliement ? “Nous avons le droit de nous indigner”. D'où leur surnom : Los indignados , qui s'inspire du livre du Français Stéphane Hessel. Le gouvernement a tenté d'interdire ces manifestations, à quelques jours des élections municipales, comme la loi le lui permet. Mais en vain. Elles se sont au contraire répandues dans le pays, rappelant les manifestations du printemps arabe.
    _ Ils appelaient à boycotter le scrutin, mais leur mouvement a été suivi d'une gifle électorale sévère pour les socialistes espagnols au pouvoir. Un mouvement qui pourrait se propager en Europe ?

    22 MAI :

  • “Bibi” Netanyahou fait la leçon à Barack Obama sur les frontières israélo-palestiniennes : Quelques jours avant, le président américain a jeté un pavé dans la mare, en proposant un Etat palestinien dans les frontières de 1967 (lire notre article). En échange de quoi, cette Palestine devait être démilitarisée et les Palestiniens devaient reconnaître unanimement l'Etat hébreux. Mais le premier ministre Benyamin Netayahou, reçu à la Maison Blanche, lui a expliqué que ces frontières étaient militairement indéfendables. Mais le lendemain, Barack Obama, pas convaincu, a répété son credo, tout en rectifiant quelque-peu, affirmant que les frontières de 1967 serviraient de base de négociation.

    20 MAI :

  • La répression sanglante se poursuit en Syrie, le régime de Bachar al-Assad rejette les sanctions internationales : Au moins 900 personnes ont été tuées et des 8.000 ont été arrêtées en Syrie, depuis le début des manifestations contre le régime en place, mi-mars. L'armée continue à tirer sur la ville de Homs, qui a pris le relais de Deraa écrasée, à la pointe de la contestation. Les voisins de la Syrie, Jordanie en tête, appellent Bachar al-Assad au dialogue. Des manifestations ont été autorisées à Beyrouth, où se cachent des dissidents.
    _ Les Etats-Unis et l'Union européenne ont prononcé des sanctions contre les dirigeants. Interdits de visas, leurs avoirs extérieurs gelés, ils rejettent ces mesures, accusant les Occidentaux de vouloir faire “saigner la Syrie” face aux “projets d'Israël”.