La justice française rejette l'extradition de dix anciens militants d'extrême gauche italiens

Six anciens membres des Brigades rouges et quatre anciens militants de groupes armés d'extrême gauche faisaient l'objet d'une procédure d'extradition depuis plus d'un an. L'Italie les réclamait afin de les juger pour plusieurs faits de terrorisme.

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Marina Petrella, ancienne membre du groupe d'extrême gauche italien Brigades rouges, attend le début d'une audience devant la cour d'appel de Paris, le 20 avril 2022. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

A l'annonce de cette décision, les anciens militants âgés aujourd'hui de 61 à 78 ans sont tombés dans les bras de leurs proches. La cour d'appel de Paris a prononcé, mercredi 29 juin, un avis défavorable à l'extradition de dix anciens militants d'extrême gauche italiens réclamés par Rome pour des faits de terrorisme commis lors des "années de plomb" dans les années 1970-1980.

L'Italie a été marquée durant cette période par une violente surenchère entre groupuscules d'ultradroite et d'ultragauche qui s'est soldée par plus de 360 morts, 10 000 arrestations et 5 000 condamnations. Les Brigades rouges sont notamment impliquées dans la mort d'une cinquantaine de personnes, dont Aldo Moro, président du parti de la Démocratie chrétienne, assassiné en 1978. 

La chambre de l'instruction statuant sur les extraditions s'est appuyée sur le respect à la vie privée et familiale et le respect du jugement par défaut, prévus par les articles 8 et 6 de la Convention européenne des droits de l'homme, pour appuyer sa décision, a indiqué la présidente.

Un groupe de deux femmes et huit hommes

"Je suis très content pour mon client [Enzo Calvitti], j'avais peur qu'il finisse ses jours en prison", a réagi son avocat, Jean-Louis Chalanset. "Il y a plusieurs leçons à tirer pour Sergio Tornaghi", a dit son avocat Antoine Comte. "Ça fait trois demandes d'extradition qui ont toutes été rejetées par des cours d'appel en France. De mon point de vue, il faut que les Italiens puissent régler leur histoire en face et examiner leur passé", a-t-il ajouté.

Le groupe de dix militants se compose de deux femmes et huit hommes. Six sont d'anciens membres des Brigades rouges et quatre d'anciens militants de groupes armés d'extrême gauche. Ils faisaient l'objet d'une procédure d'extradition depuis plus d'un an.

Certains vivent en France depuis quarante ans

Lors des audiences, qui se sont déroulées entre le 23 mars et le 15 juin, les anciens militants qui ont accepté de s'exprimer ont raconté aux magistrats leur vie en France depuis parfois quarante ans. Tous se croyaient protégés sur le sol français, ont-il dit eux-mêmes ou par la voix de leurs avocats, grâce à la doctrine Mitterrand. L'ancien président socialiste avait pris l'engagement de ne pas extrader les anciens activistes ayant rompu avec leur passé.

A la surprise générale, après des mois de tractation, le président Emmanuel Macron avait décidé, au printemps 2021, de favoriser la mise à exécution des demandes d'extradition renouvelées récemment par l'Italie. "Nous allons attendre de savoir si le parquet général forme un pourvoi en cassation contre la décision" et de connaître les motivations de la chambre de l'instruction dans le détail, a indiqué l'avocat de l'Etat italien, William Julié. 

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