En Italie, les jeunes se rendent aux urnes mais sans conviction

45% des jeunes italiens, ont voté lors des dernières élections européennes. Un vote important mais les 18-24 ans peinent à se retrouver dans un parti politique.

Des isoloirs dans un bureau de vote à Rome lors des élections municipales en 2016.
Des isoloirs dans un bureau de vote à Rome lors des élections municipales en 2016. (RICCARDO ANTIMIANI / EIDON / MAXPPP)

Pour les jeunes Italiens, voter est un droit et un devoir. Contrairement à ce que l'on peut observer dans certains pays européens, en Italie, les jeunes ne s'abstiennent pas en masse durant les scrutins. Comme leurs aînés, les jeunes sont des électeurs appliqués. En mars dernier, 70% des 18-34 ans ont voté aux législatives.

Aux élections européennes de 2014, 45% des jeunes se sont rendus aux urnes. Un chiffre largement supérieur à la moyenne européenne de 28%. Gian Marco a 23 ans et il se souvient du moment où il a reçu sa carte électorale. "J'étais vraiment heureux, le vote est très important pour nous tous. C'est le moment où l'on peut exprimer notre pensée", se réjouit-il.

Je n'avais pas la moindre idée du parti auquel j'allais donner mon vote.Stella, 20 ans

S'ils sont fiers de participer, les 18-34 ans ne savent souvent pas comment voter. C'est le cas de Stella, 20 ans. "Je ne m'y intéresse pas vraiment. Nous les jeunes, nous ne sommes pas très informés ou compétents quand il s'agit de politique",  pense la jeune italienne.

La politique je la sens très loin de moiFrancescafranceinfo

37% des jeunes reconnaissent ne jamais parler de politique. Même quand ils s'y intéressent, le vote de conviction est rare. "En famille, il y a beaucoup de ferveur à ce sujet, surtout en ce moment historique. Mais en réalité, moi, je ne sais pas", renchérit Francesca.

Un sentiment d'abandon

Aux dernières législatives, 35% des jeunes ont voté pour le Mouvement 5 Étoiles mais il ne s'agit pas d'un vote d'adhésion. La Ligue Nord est actuellement en tête pour cette tranche d'âge.

En ce qui concerne la formation ou l'insertion professionnelle, les partis se sont peu intéressés aux jeunes et personne n'a su les convaincre. Ils héritent d'un sentiment de déception généralisé. "Tous ceux qui ont été au gouvernement ces vingt dernières années, de gauche comme de droite, ont déçu les attentes et nous ont conduits là où on est aujourd'hui", juge Andrea.