Gênes : polémique sur un viaduc fragile

Les habitants de la région de Gênes (Italie) sont partagés entre émotion et colère après l'effondrement du Pont Morandi. Dès 2016, des experts ont mis en cause la solidité du viaduc.

FRANCE 2

Pour les habitants de Gênes (Italie), la catastrophe aurait dû être évitée. Une partie du pont Morandi s'est effondrée mardi 14 août, faisant au moins 39 morts. Au lendemain de la catastrophe, les habitants sont énervés. " On savait que ça allait se passer, détaille l'un d'eux. Je suis très en colère, on aurait pu l'éviter." Pour lui, la structure était trop vieille et avec l'autorisation de circulation des camions, le poids ne cessait d'augmenter. "Le pont n'était pas en très bon état, décrit un autre riverain. J'y suis passé plusieurs fois et il oscillait."

À la recherche du coupable

Face à la polémique, les politiques défilent sur le lieu de l'accident et cherchent un coupable. "Ces ouvrages, comme beaucoup d'infrastructures italiennes, sont vieilles et donc sujettes à l'usure du temps ", a déclaré le Premier ministre italien Giuseppe Conte. Par la voix du ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, le gouvernement accuse le gestionnaire de l'autoroute A10, chargé de l'entretien de la partie qui s'est effondrée. "Je ne suis pas un ingénieur, je ne fais pas un procès d'intention, mais ce pont-là était sous le contrôle d'une société privée qui gagne des milliards et fait payer le péage le plus cher d'Europe", a-t-il déclaré. Le ministre des Transports, Danilo Toninelli, est allé plus loin : "J'annonce qu'à partir d'aujourd'hui nous avons entamé toutes les procédures pour l'éventuelle révocation des concessions et pour infliger jusqu'à 150 millions d'euros d'amende." Le gestionnaire se défend avec des contrôles réguliers. Les ingénieurs, quant à eux, pointent le défaut de la structure du pont.

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Les décombres du pont Morandi, éclairés pour permettre le travail des sauveteurs, dans la soirée du 14 août 2018 à Gênes (Italie).
Les décombres du pont Morandi, éclairés pour permettre le travail des sauveteurs, dans la soirée du 14 août 2018 à Gênes (Italie). (STEFANO RELLANDINI / REUTERS)