Effondrement du pont de Gênes : le risque d'écroulement était connu au moins trois ans avant la catastrophe

L'effondrement du pont a causé la mort de 43 personnes en août 2018.

Le pont Morandi à Gênes en Italie, le 14 août 2018.
Le pont Morandi à Gênes en Italie, le 14 août 2018. (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

Le pont Morandi, qui s'est écroulé le 14 août 2018, n'était en fait pas surveillé. C'est ce que révèle l'enquête en cours depuis plus d'un an, chargée de définir les responsabilités dans l'effondrement de l'édifice qui a causé la mort de 43 personnes.

La Repubblica a révélé mardi 19 novembre un rapport, commenté jeudi par le procureur en chef de Gênes. Dans ce document saisi dans les bureaux d'Atlantia et d'Autostrade, on apprend que les capteurs installés sur le pont Morandi ne fonctionnaient plus depuis 2015, soit trois ans avant son écroulement. Ces capteurs permettaient de surveiller l'état du pont. Ils ont été endommagés pendant des travaux. Leur défectuosité avait été signalée mais ils n'avaient jamais été remplacés.

Le risque d'effrondrement était signalé depuis 2014

Pire, le rapport révèle que les dernières données recueillies par ces capteurs mettaient en garde dès 2014 contre un risque d'écroulement du pont Morandi. Ce rapport a été adressé aux conseils d'administration des Autoroutes d'Italie (Autostrade) et d'Atlantia, le gestionnaire, ainsi qu'au représentant du ministère des infrastructures. Le rapport avait été présenté en même temps qu'un projet de consolidation des piliers 9 (celui qui s'est écroulé) et 10. En 2017, dans le catalogue des risques, la mention d'"écroulement" avait été remplacée par "perte de stabilité", rapporte La Reppublica dans un second article.

La société d'autoroute se défend en affirmant que le risque d'écroulement était théorique. L'actuel ministre des Infrastructures, du même bord politique que le ministre de l'époque sous le gouvernement Renzi, juge inacceptable que rien n'ait été fait à la lecture de ce rapport.