Le Premier ministre israélien à la recherche de nouveaux alliés en Afrique

C’est la première visite d’un chef de gouvernement israélien depuis celle de Yitzhak Rabin au Maroc en 1994. Benyamin Netanyahu doit se rendre en principe en Ethiopie, au Kenya, au Rwanda et en Ouganda au cours de ce mois de juillet 2016. Il annonce le retour de son pays sur le continent par la grande porte.

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à Jérusalem, le 26 juin 2016.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à Jérusalem, le 26 juin 2016. (Photo AFP/Ronen Zvulun)

En Ouganda, Benyamin Netanyahu a l’intention de marquer par sa présence le 40e anniversaire de la mort de son frère, Yonatan Netanyahu. Il a été tué le 4 juillet 1976 alors qu’il dirigeait une opération menée par des commandos israéliens pour libérer les passagers d’un vol Tel Aviv-Paris, détourné à l’aéroport d’Entebbe, prés de Kampala..
 
Mais Benyamin Netanyahu l’a d’ores et déjà annoncé : Israël veut revenir en Afrique par la grande porte.
 
«Cette visite est importante pour les entreprises israéliennes, pour Israël et pour les pays d’Afrique. Israël revient en Afrique, l’Afrique revient en Israël», a déclaré le Premier ministre israélien.
 
Dans les années 60, Israël était très présent sur le continent et coopérait avec de nombreux pays qui accueillaient médecins, experts agricoles et conseillers militaires venus de l’Etat hébreu. Les relations ont été rompues à la suite de la guerre du Kippour d’octobre 1973.
 
Un vaste potentiel pour Israël
Le cabinet de Benyamin Netanyahu a approuvé une proposition d’ouvrir des bureaux de l’Agence israélienne pour le développement international dans les quatre pays qu’il va visiter. Cette agence partage avec les pays en voie de développement les technologies et le savoir-faire israéliens.
 
Confrontée aux djihadistes de Boko Haram, aux Shebabs et aux terroristes d'al-Qaïda, qui multiplient les exactions, l'Afrique pourrait profiter des précieux conseils et du savoir-faire des experts israéliens de la défense et du renseignement.
 
Selon le bureau de Benyamin Netanyahu, une enveloppe de 13 millions de dollars sera consacrée au renforcement des relations économiques et de la coopération avec le continent. Elle inclut notamment une formation dans les domaines de la sécurité nationale et de la santé. Un vaste potentiel pour Israël.
 
«L’Afrique, qui possède aujourd’hui l’un des plus forts taux de croissance au monde, renferme de nombreuses opportunités commerciales dans des domaines où l’expertise israélienne fait autorité, comme l’agriculture, les télécommunications, l’énergie renouvelable et les infrastructures», explique le directeur général adjoint pour les affaires africaines au ministère israélien des Affaires étrangères, Yoram Elron.
 
Le Premier ministre israëlien Benyamin Netanyahu avec le président kenyan Uhuru Kenyatta, lors de sa visite en Israël le 23 février 2016.
Le Premier ministre israëlien Benyamin Netanyahu avec le président kenyan Uhuru Kenyatta, lors de sa visite en Israël le 23 février 2016. (Photo AFP/Amir Cohen)

Le soutien de l’Afrique sur la scène internationale
Au-delà des promesses commerciales, Israël cherche à s’assurer le soutien des pays africains dans les institutions internationales, où il fait l’objet de vives critiques liées à l’occupation des territoires palestiniens ou à ses activités nucléaires.
 
Le conflit avec les Palestiniens a porté un coup dur aux relations avec de nombreux pays africains dans les années 60. L'Afrique avait pris ses distances avec l’Etat hébreu. Pendant longtemps, les pays africains ont voté contre Israël ou se sont abstenus dans les arènes internationales.
 
Benyamin Netanyahu espère que le rapprochement qui s’opère avec l’Afrique se traduira «dans les votes de l’Union africaine» en faveur de son pays.
 
«De nombreux pays cherchent à nous ouvrir leurs portes. Nous réaliserons ce rêve en veillant à leurs intérêts, mais aussi à ceux de l’Etat d’Israël», a déclaré le Premier ministre israélien.
 
Aujourd’hui, Israël entretient des relations diplomatiques continues avec de nombreux pays du continent. Mais seulement quinze missions diplomatiques africaines ont été ouvertes en Israël.