"Capitaine Dreyfus" vs "Cancer d’Israël" : sur le banc des accusés, Nétanyahou fracture la société israélienne

Le Premier ministre israélien inculpé pour fraude, abus de confiance et corruption dans trois affaires était assis dimanche sur le banc des accusés dans un tribunal de Jérusalem. Une journée historique, marquée par des manifestations des pro et des anti-Nétanyahou.

Article rédigé par
Frédéric Métézeau. Edité par Ludovic Pauchant - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, portant un masque de protection, dans une salle d'audience du tribunal de district de Jérusalem le 24 mai 2020, lors de la première journée de son procès pour corruption. (RONEN ZVULUN / POOL)

Certaines journées sont historiques : celle de dimanche comptera certainement parmi elles en Israël. Pour la première fois, un Premier ministre en exercice a comparu devant un tribunal. Benyamin Nétanyahou, inculpé pour fraude, abus de confiance et corruption dans trois affaires était donc assis hier sur le banc des accusés dans un tribunal de Jérusalem. L'audience a duré à peine une heure, essentiellement technique, et le fond n'a pas été abordé. Mais cette journée historique, marquée par des manifestations des pro et des anti-Nétanyahou, a confirmé que ce dernier fracturait la société israélienne.

Les Nétanyahou aiment manier les symboles les plus forts. Sur Twitter, le fils Yair compare son père au capitaine Dreyfus. Et avant de se rendre au tribunal, Benyanin Nétanyahou rend visite à des rescapés de la Shoah. En Israël, on aime ou on déteste Nétanyahou, ses adorateurs le surnomment "roi d'Israël".

Je suis très inquiet pour la démocratie israélienne. Bibi est Premier ministre mais malheureusement le tribunal a plus de pouvoir. Ils ne sont pas contre Bibi, ils sont contre nous.

Un pro-Nétanyahou

à franceinfo

Pour ceux qui ne l'aiment pas, le souverain est une menace. "Bibi c’est comme le cancer d’Israël, rétorque l'un d'eux. À ceux qui pensent que Bibi est le roi d’Israël, je dis : nous avons besoin d’un pays normal." Avant l'audience, l'accusé ne cherche pas à réconcilier et adopte au contraire une défense de rupture : "Citoyens israéliens, chers concitoyens, s'adresse ainsi le Premier ministre aux médias. Vous êtes beaucoup plus intelligents que ce système pense de nous. Toute cette procédure n’a qu’une seule vocation : renverser un Premier ministre du camp de la droite." Le procès de Benyamin Nétanyahou pourrait durer trois ans : la prochaine audience aura lieu le 19 juillet prochain mais le Premier ministre israélien est dispensé d'y assister.

Le Premier ministre israélien devant la jutice : écoutez le reportage de Frédéric Métézeau
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