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Israël a menacé les Palestiniens de mesures de rétorsion s'ils proclament un Etat de façon unilatérale

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a mis en garde dimanche soir la direction palestinienne contre toute "action unilatérale", sans préciser quelles mesures Israël pourrait prendre ensuite.Des ministres ont été plus précis, en menaçant notamment d'annexer de façon unilatérale des blocs de colonies en Cisjordanie.
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Saëb Erakat à Ramallah (Cisjordanie) le 4 novembre 2009 (AFP/ABBAS MOMANI)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a mis en garde dimanche soir la direction palestinienne contre toute "action unilatérale", sans préciser quelles mesures Israël pourrait prendre ensuite.

Des ministres ont été plus précis, en menaçant notamment d'annexer de façon unilatérale des blocs de colonies en Cisjordanie.

Les dirigeants israéliens ont lancé ces avertissements quelques heures après des déclarations du négociateur palestinien Saëb Eraka, qui évoquait le souhait d'obtenir le soutien du Conseil de sécurité de l'Onu à une proclamation unilatérale de l'Etat palestinien.

"Toute action unilatérale défera la trame des accords passés et entraînera des actions unilatérales d'Israël", a averti Benjamin Netanyahu, qui a appelé à nouveau l'Autorité palestinienne à reprendre la négociation stoppée depuis plus d'un an "sans condition préalable".

Le ministre de l'Environnement Gilad Erdan a notamment évoqué la possibilité qu'Israël "stoppe les transferts d'argent" qui sont dus à l'Autorité palestinienne en vertu des accords signés sur les tarifs douaniers. Israël, qui occupe la Cisjordanie, pourrait également, selon lui, rétablir un certain nombre de barrages routiers retirés dernièrement et "procéder à une annexion formelle d'une partie des implantations" juives en Cisjordanie.

Les Palestiniens veulent obtenir du Conseil de sécurité de l'ONU qu'il appuie la proclamation unilatérale de leur Etat.

"Nous avons décidé de nous adresser au Conseil de sécurité pour essayer d'obtenir son soutien à la création d'un Etat palestinien indépendant ayant Jérusalem pour capitale et dont les frontières seraient celles de juin 1967" avant l'occupation israélienne, a déclaré dimanche à l'AFP le négociateur Saëb Erakat.

"Nous allons chercher à obtenir l'appui de l'Union européenne ainsi que celui de la Russie et d'autres pays", a-t-il ajouté.

Les Palestiniens accusent les Israéliens d'être les premiers à mener une action unilatérale en créant des faits accomplis de colonisation. 300.000 Israéliens sont désormais installés en Cisjordanie, sans compter Jérusalem-est, annexée par Israël en 1967, où vivent 200.000 Israéliens.

Les Palestiniens refusent de reprendre les négociations tant qu'il n'y a pas de gel des colonisations
Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a annoncé son intention de ne pas se représenter en janvier prochain à la présidence de l'Autorité palestinienne, a refusé l'offre de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton de reprendre les négociations avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il veut d'abord le gel complet des colonies israéliennes, une exigence que Washington avait soutenue avant le voyage d'Hillary Clinton au Proche-Orient.

Selon Le Monde, Saeb Erakat évoque désormais la possibilité d'un seul Etat
Selon Le Monde du 10 novembre, Saeb Erakat, négociateur en chef de l'Autorité Palestinienne depuis cinq ans, "évoque désormais un seul Etat" "face au blocage du processus de paix".

La solution des deux Etats - l'un israélien, l'autre palestinien - reste la ligne politique officielle. "Mais si Nétanyahou (Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien) croit qu'il peut continuer avec la colonisation, avec le "mur", il détruit la solution de deux Etats. Alors, observe Saëb Erakat, les Palestiniens vont bientôt réaliser qu'ils doivent de nouveau réfléchir à la solution d'un seul Etat", écrit le journaliste du Monde, Laurent Zecchini.

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