Iran : les manifestations se poursuivent et le bilan s'alourdit, des rassemblements de soutien dans le monde entier

L'agence de presse iranienne Fars a reconnu l'existence de rassemblements dans des universités et évoqué des heurts, sans préciser leur ampleur.

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Des manifestants expriment leur opposition au régime iranien à New York (Etats-Unis), le 1er octobre 2022. (SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Plus de deux semaines après la mort de Mahsa Amini, le mouvement de contestation se poursuit en Iran, même si les informations peinent à filtrer. Samedi 1er octobre, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs universités. "Des étudiants ont manifesté samedi dans des universités pour dénoncer les agissements de la police envers les protestataires", a affirmé l'agence de presse iranienne Fars. 

Un de ces rassemblements, à Téhéran, a donné lieu à des "heurts" et des manifestants ont été arrêtés, affirme Fars, qui n'a pas détaillé la localisation des autres manifestations ni l'affluence.

Au moins 92 morts, selon une ONG

Sur les réseaux sociaux, plusieurs vidéos vérifiées ont circulé montrant des dizaines de manifestants dans des universités, samedi, notamment à Téhéran et à Machhad, et vendredi à Saqez, la ville d'où était originaire de Mahsa Amini. "La ville est noyée dans le sang, mais nos professeurs gardent le silence !" ont scandé des manifestants devant l'université de Karaj, à l'ouest de Téhéran, selon une vidéo diffusée par l'ONG Iran Human Rights, basée à Oslo.

Le journal Khayan a de son côté affirmé que son siège à Téhéran avait été attaqué samedi par "des émeutiers". Principal quotidien ultraconservateur du pays, Khayan a pris position contre les manifestants, les qualifiant de "mercenaires de l'ennemi". Il accuse des "voyous" liés au mouvement de contestation d'avoir "lancé des cocktails Molotov" sur le bâtiment, en partie endommagé, et d'avoir tenté d'y entrer "en criant des insultes et des slogans contre le journal".

Iran Human Rights recense au moins 92 morts depuis le début de mouvement de protestation, le 16 septembre, selon un nouveau bilan publié dimanche (en anglais). L'agence Fars affirme, elle, qu'environ 60 personnes ont été tuées. Plus de 1 200 manifestants ont été arrêtés, selon un bilan officiel.

Iran Human Rights recense également 41 morts dans une manifestation vendredi dans la ville de Zahedan. Si l'ONG lie ce rassemblement au reste du mouvement déclenché par la mort de Mahsa Amini, les manifestants de Zahedan protestaient contre le viol d'une fille de 15 ans par un chef de la police locale. Selon les médias iraniens, cinq membres des Gardiens de la révolution, les renseignements iraniens, ont également été tués lors de ce rassemblement.

Des rassemblements de soutien au mouvement iranien ont été organisées dans plus de 150 villes du monde samedi, dont New York, Rome, Madrid, Londres, Lisbonne, Athènes ou Tokyo. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Montréal, Toronto et Vancouver (Canada). Plus de 1 000 manifestants étaient présents à Berlin (Allemagne) et 2 000 à Bruxelles (Belgique). Une marche est organisée dimanche à Paris, à l'appel notamment de plusieurs artistes, dont l'autrice de bandes dessinées Marjane Satrapi.

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