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Inde: les Sidi, une communauté afro-indienne toujours en quête de reconnaissance

Leur installation en Inde est le fruit de mouvements migratoires qui se sont étendus sur vingt siècles. Mais aujourd'hui encore, les Sidi, dont les ancêtres sont originaires d'Afrique de l'Est, se cherchent encore une place dans leur patrie d'accueil où la discrimination reste leur lot quotidien.
Article rédigé par Falila Gbadamassi
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Danseurs de Dhamal, danse traditionnelle de la communauté sidi originaire de l'Etat indien du Gujarat, le 8 avril 2005 à New Delhi pendant un festival culturel. ( SEBASTIAN JOHN/AP/SIPA)

En Inde, leur nom est souvent associé à une danse traditionnelle du Gujarat, le Dhamal. Mais la plupart du temps, ils sont souvent pris pour des touristes dans leur propre pays quand ils ne sont pas tout simplement discriminés. Eux, ce sont les Sidi (terme dérivé du mot arabe «maître»), comme on les nomme aujourd’hui. 

«La migration des Africains en Inde est un vieux phénomène. Aussi, les termes pour les désigner ont varié dans le temps et l’espace», explique l’historienne Shihan de Silva Jayasuriya. Arrivés d’Afrique de l’Est via l’Océan Indien, a priori à partir du 1er siècle, comme esclaves ou hommes libres en Inde (et au Pakistan où on les appelle les Shidees), les Afro-Indiens seraient aujourd'hui plus de 60.000 répartis principalement dans les Etats du Gujarat, du Karnataka et de l’Andhra Pradesh. La plupart des Sidi sont musulmans, mais l’on retrouve aussi des chrétiens et des hindous parmi eux. 


Marginalisation
Malik Ambar, esclave éthiopien devenu régent de sultanat Ahmednagar au 16e siècle en Inde, est l’un des Afro-indiens les plus célèbres. Si certains de leurs ancêtres ont pu s’élever socialement, aujourd’hui, «la grande majorité (des Sidi) fait partie de la classe ouvrière ou vit dans la précarité. Ils sont conducteurs, domestiques, agents de sécurité... D'autres sont fermiers et certains appartiennent à la classe moyenne», explique l’historienne Sylviane Diouf. Par ailleurs, certains Sidi figurent parmi les tribus répertoriées et, à ce titre, bénéficient des programmes de discrimination positive.

«Nous avons dû faire face à la discrimination quand nous étions enfants. C’est encore le cas aujourd’hui. Les gens continuent de nous insulter. Nos ancêtres ont vécu dans les forêts. Ils n’avaient accès ni à l’éducation ni au marché du travail. Leur survie dépendait majoritairement des produits forestiers. La vie était dure pour eux. Ils n'ont jamais eu l'habitude de se mélanger parce qu’ils avaient peur d’être réduits en esclavage», souligne Juje Jackie Harnodkar Siddi dans un documentaire produit par 101India.com sur l'avenir de la communauté. 

Discrimination positive
L’ancien athlète souhaite que les jeunes générations puissent également profiter d’un programme sportif gouvernemental qui a permis à sa communauté et à lui-même de sortir un peu de l’ombre.

En 1987, les autorités indiennes ont mis en place The Special Area Games programme, dont l'objectif «est de détecter les talents pour les sports de compétition modernes dans les tribus vivant dans les zones rurales et côtières du pays et de les soutenir scientifiquement afin qu'ils parviennent à l'excellence dans le sport».

Dans le cas des Sidi, les compétences recherchées ont trait à l’athlétisme. En dépit des médailles remportées sur la scène internationale, le programme a été interrompu en 1993 avant d'être relancé récemment. Aujourd'hui, les nouvellles recrues se préparent pour les JO de 2024. 






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