Contrat Rafale avec l’Inde : dernières turbulences ?

Narendra Modi, le Premier ministre indien, sera en visite officielle en France le 9 avril. La France espère à cette occasion que l’Inde signera le contrat portant sur la vente des 126 avions Rafale. Dans ce contexte, le gouvernement indien a demandé au fabricant Dassault de s’en tenir au prix de départ.

Après l\'Egypte, le Rafale va-t-il remporter le marché indien ?
Après l'Egypte, le Rafale va-t-il remporter le marché indien ? (Dassault Aviation)

La tension monte, la surenchère aussi. Dans quelques jours, espère-t-on en France, New Delhi signera peut-être un des plus gros contrats de l’aéronautique militaire française. 126 appareils Rafale pour un montant de onze milliards d’euros.
 
Les négociations exclusives durent depuis trois ans. En février, Jean-Yves le Drian, le ministre de la Défense, s’est rendu en Inde. Pierre d’achoppement, les modalités de transfert de technologie. En effet, 108 des 126 appareils doivent être construits en Inde par Hindustan Aeronautics Limited (HAL).
 
Mais les experts sont optimistes quant à la conclusion des négociations. Le programme de modernisation des Mirage 2000 indiens a montré la voie. En effet, le contrat signé en 2011 prévoit que les travaux seront réalisés en Inde par HAL. Les deux premiers Mirage 2000 modernisés ont été livrés en mars 2015 à la satisfaction de New Delhi qui entend ainsi promouvoir son savoir-faire.

(F.Robineau/Dassault Aviatiion)
 
De plus, selon Eric Trappier le PDG de Dassault Aviation, le chef d’état-major de l’armée de l’air indienne veut un avion éprouvé au combat. Cela tombe bien. Après la Lybie en 2011, le Rafale est actuellement engagé lors de bombardements contre Daech en Irak. L’achat en février par l’Egypte de 24 Rafale a sans doute aussi ajouté de la confiance.
 
Alors comment interpréter cette ultime crispation dans les négociations ? Selon Times Of India, une source proche du dossier fait état d’une remise en question du montant du contrat par Dassault. L’avionneur veut relever le prix pour y englober le coût revu à la hausse de la fabrication des avions en Inde. Le contrat passerait de 12 à 20 milliards de dollars, inacceptable pour le gouvernement indien, selon la source.
 
Info ou intox ? Le journal indien ne cite pas le nom de sa source, ce qui réduit la valeur de l’info. Or, ce coup de froid contraste avec l’ambiance plutôt optimiste qui régnait à quelques jours de la visite de Narendra Modi à Paris. Le PDG de Dassault parlant même de phase de «relecture» d’un contrat de plusieurs milliers de pages. Bien évidemment, le silence le plus complet règne. Le président François Hollande interrogé à ce sujet le 7 avril 2015 a juste déclaré: «Nous aurons des discussions sur le sujet que vous avez évoqué et il n'y aura pas d'annonce qui sera faite avant.»