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Week-end crucial pour la Grèce

Au bord du gouffre financier, le pays est en proie à la colère de la rue, opposée au nouveau programme d'austérité. Un plan de rigueur sur lequel les parlementaires vont devoir se prononcer dimanche.

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Des militants du front communiste syndical grec Pame ont déployé ces deux banderoles géantes sur l'Acropole à Athènes (Grèce), le 11 février 2012. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

C'est un week-end crucial pour la Grèce. Au bord du gouffre financier, le pays est, samedi 11 février, en proie à la colère de la rue, opposée au nouveau programme d'austérité. Un plan de rigueur sur lequel les parlementaires vont devoir se prononcer dimanche. FTVi revient sur les enjeux de ce week-end test pour le pays.

Manifestations et grève générale se poursuivent samedi

A Athènes, la capitale, pour la deuxième journée consécutive, environ 3 500 manifestants se sont rassemblés dans le calme samedi en milieu de journée, sur la place centrale de Syntagma pour manifester. Quelque 4 000 personnes ont également manifesté à Salonique, la grande ville du nord du pays.

Un peu plus tôt, des militants du front communiste syndical grec Pame ont déployé durant une heure sur l'Acropole deux banderoles géantes. Les bannières dénonçaient "la dictature des monopoles" de l'Union européenne.

La veille, à Athènes, quelque 17 000 manifestants ont répondu à l'appel des syndicats. En marge de leur rassemblement, des affrontements ont opposé de petits groupes d'individus. Ils ont jeté des pierres et des cocktails Molotov à la police qui a riposté par des tirs de gaz lacrymogènes.

Pour les syndicats, la véritable épreuve sociale doit se jouer dimanche soir. Les contestataires de tous bords sont appelés à affluer devant le parlement avant le vote nocturne du plan de rigueur.

Vote du plan d'austérité prévu dimanche

Exigé par les bailleurs de fonds de la Grèce pour débloquer un nouveau prêt de 130 milliards d'euros, vital pour le pays, le programme d'austérité a été adopté vendredi soir par le gouvernement grec.

Ce plan sera soumis au vote des parlementaires dimanche. Mais les parlementaires n'auront pas, selon l'agence Ana (semi-officielle), à se prononcer sur un programme détaillé de mesures économiques. Ils devront donner mandat au Premier ministre et au ministre des Finances Evangélos Vénizélos pour signer avec les bailleurs du pays le nouvel accord de prêt. En plus de cette procuration, les parlementaires devront également voter sur l'accord d'effacement de 50% de la dette grecque.

Le contenu exact de ce nouveau plan de rigueur n'est pas encore connu, mais il devrait notamment inclure une réduction de 22% du salaire minimum dans le cadre d'une déréglementation générale du marché du travail, la suppression dans l'année de 15 000 emplois publics et des coupes sur certaines pensions de retraite.

En réaction à la sévérité du nouveau paquet de mesures, quatre ministres d'extrême droite, ainsi qu'une ministre socialiste, ont démissionné vendredi. Toutefois, même sans le soutien de ce parti, Lucas Papademos dispose d'une majorité confortable pour faire voter ce plan. Mais le risque est grand que l'équilibre politique du pays continue de vaciller. Et sans vote au parlement en faveur d'un programme économique de rigueur drastique, la Grèce n'a aucune chance de recevoir le premier centime d'une aide européenne qui doit lui éviter un défaut de paiement en mars.

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