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Les soutiens du peuple grec réunis à Paris : "Après eux, ce sera à notre tour"

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Paris, jeudi, pour dénoncer l'austérité et défendre la souveraineté des Grecs, et le "non" au référendum de dimanche sur les propositions des créanciers du pays.

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France Télévisions
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Une manifestante brandit le drapeau de la Grèce lors d'une manifestation de soutien au peuple grec, jeudi 2 juillet 2015, place de la Bastille à Paris. (LOIC VENANCE / AFP)

Le sort de la Grèce ne mobilise pas que les Athéniens. A trois jours du référendum grec sur les propositions de ses créanciers, plusieurs milliers de soutiens du peuple grec ont défilé, jeudi 2 juillet, entre la place de la Bastille et la place de la République, à Paris. Un rassemblement à l'appel de quatre syndicats (CGT, FO, FSU et Solidaires), avec pour mots d'ordre "le refus des politiques d'austérité" et "le respect du choix démocratique" des peuples.

C'est sur ce point qu'a insisté Jean-Luc Mélenchon, principale figure en tête d'un cortège qui comptait aussi dans ses rangs les frondeurs socialistes Christian Paul et Pascal Cherki. Le député européen du Front de Gauche s'en est pris à l'Allemagne, qu'il accuse de vouloir "terroriser le peuple" pour assurer la victoire du "oui".

Comme lui, de nombreux manifestants pensent que l'enjeu du vote de dimanche dépasse de loin la Grèce, et implique directement la France. Si le "oui" et les politiques d'austérité l'emportent, "ce qu'on a infligé aux Grec, on pourra tous nous l'infliger demain" craint Adrien. "Vu notre dette qui approche des 100% du PIB, je ne vois pas comment on pourrait l'empêcher". Ce militant des jeunes socialistes reproche au gouvernement d'avoir "lâché les Grecs" pour apaiser les créanciers de la France. "Après eux, ce sera nous", renchérit Dominique, militant CGT, qui appréhende le vote de dimanche. "Ce serait terrible de voir les Grecs, qui ont tant lutté, finir par céder face à la peur".

Les Grecs, "vraiment un peuple de résistants"

Si les drapeaux des partis et des syndicats étaient les plus visibles dans le cortège, certains manifestants portaient fièrement les couleurs helléniques. Sébastien, drapeau sur le dos, raconte que sa mère est grecque, et qu'il a vu de ses propres yeux les conséquences de la crise dans le pays : "Ma cousine a perdu son emploi, mon cousin a vu son salaire divisé de moitié, et la pension de ma tante, qui est veuve, a été divisée par quatre." Le jeune homme, qui pense que le "non" va l'emporter, est surpris et touché de voir autant de Français mobilisés.

Beaucoup d'entre eux semblaient venus par sympathie pour ce pays ou ses dirigeants. Ainsi, Agnès ne tarit pas d'éloges pour Alexis Tsipras, "un homme d'un courage extraordinaire, qui rappelle qu'il y a un truc qui s'appelle le peuple", auquel les politiques français ne pensent, selon elle, pas assez. Marie-Claude, quant à elle, "aime beaucoup la Grèce et son histoire". Elle se souvient d'avoir visité le pays à l'époque de l'époque des Colonels : "C'est vraiment un peuple de résistants".

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