Grèce : trois infographies pour comprendre les enjeux du sommet de la dernière chance

Les négociations entre la Grèce et ses créanciers sont entrées dans leur dernière ligne droite, une solution devant être trouvée avant la fin du mois. Francetv info vous explique, en infographies, l'importance de ces discussions.

Un drapeau grec flotte sur l\'Acropole d\'Athènes (Grèce), le 5 juin 2015.
Un drapeau grec flotte sur l'Acropole d'Athènes (Grèce), le 5 juin 2015. (ANGELOS TZORTZINIS / AFP)

Le moment est "décisif", insiste Pierre Moscovici, commissaire européen aux Affaires économiques. Après cinq mois de négociations, les discussions entre la Grèce et ses créanciers entrent dans leur dernière ligne droite, lundi 22 juin, pour tenter d'éviter au pays un défaut de paiement.

Les principaux acteurs de la crise se retrouvent d'abord pour une réunion des ministres des Finances de la zone euro, suivie par un sommet en début de soirée. Pourquoi ces rendez-vous sont-ils considérés comme cruciaux ? Francetv info vous explique la crise de la dette grecque en trois infographies.

De lourdes échéances dans les jours à venir

Si les responsables européens affichent aujourd'hui leur inquiétude, c'est qu'Athènes doit faire face à de nombreuses échéances dans les jours à venir. A commencer, le 30 juin, par un remboursement de quelque 1,5 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI). Suivi, le 20 juillet, par un versement de 3,5 milliards d'euros à la Banque centrale européenne (BCE).

Pour s'en sortir, Athènes pourrait compter sur le versement  d'une tranche de prêts de 7,2 milliards d'euros, aujourd'hui en suspens. Mais pour l'obtenir, la Grèce doit d'abord convaincre ses créanciers en proposant des réformes et des pistes d'économies budgétaires, afin de redresser de façon pérenne ses finances publiques. Même une fois cet obstacle levé, le pays n'est pas sorti d'affaire, car sa dette est colossale : au total, d'ici à 2054, 280 milliards d'euros doivent être remboursés, selon les données compilées par le Wall Street Journal (en anglais).

De nombreux créanciers à rembourser

La majeure partie de la dette de la Grèce provient du Fonds européen de stabilité financière (FESF), créé en 2010 pour venir en aide aux pays incapables de se financer sur les marchés. Au total, le FESF avait prêté 141,8 milliards d'euros à Athènes en plusieurs tranches. Mais en février, le gouvernement d'Alexis Tsipras lui avait retourné 10,9 milliards d'obligations émises pour la recapitalisation des banques grecques, qui n'avaient pas été utilisées. Il en reste donc quelque 131 milliards. 

Viennent ensuite les différents pays de la zone euro, qui avaient déboursé 52,9 milliards d'euros, lors d'un premier plan d'aide au pays, ainsi que la BCE et le FMI, qui ont chacun versé plus de 20 milliards d'euros. Le reste des créances est détenu par des acteurs de marché, essentiellement des banques.

La zone euro touchée en cas de défaut de paiement

En l'absence d'accord ce lundi, les créanciers laissent planer le spectre d'un défaut de paiement d'Athènes, qui pourrait conduire à la sortie de la Grèce de la zone euro. Au-delà des grandes institutions comme le FMI, plusieurs nations européennes pâtiraient de ce scénario du "Grexit", qui verrait Athènes incapable de les rembourser. 

La France est parmi les pays en première ligne, selon les travaux d'Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG, publiés en janvier (en PDF). En additionnant les prêts bilatéraux accordés à la Grèce, la part française des garanties apportées aux sommes du FESF et son exposition aux créances de la BCE, l'ardoise laissée par Athènes à Paris atteindrait les 55 milliards d'euros. La facture serait plus lourde encore pour l'Allemagne, avec 72 milliards d'euros.