Grande-Bretagne: mort du dernier poilu

Le Britannique Harry Patch, vétéran de la guerre 14-18 est décédé samedi à l'âge de 111 ans

Harry Patch, avec le premier ministre britannique Gordon Brown, le 11/11/2008
Harry Patch, avec le premier ministre britannique Gordon Brown, le 11/11/2008 (© AFP/Lefteris Pitarakis)
Le Britannique Harry Patch, vétéran de la guerre 14-18 est décédé samedi à l'âge de 111 ansLe Britannique Harry Patch, vétéran de la guerre 14-18 est décédé samedi à l'âge de 111 ans

Il était le dernier "Tommy" à avoir combattu dans les batailles de la guerre de 14-18. Et, le dernier soldat de la "der des ders".

Appelé à l'âge de 18 ans dans la 7e division d'infanterie
légère du Duc de Cornouaille, il fut envoyé en 1917 à la célèbre Bataille de Passchendaele (Belgique), où un demi-million de soldats ont perdu la vie.

Harry Patch était "le dernier vétéran, toutes nationalités confondues, à avoir servi dans les tranchées", a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

La mort de M. Patch ne laisse dans le monde que deux combattants de la Première Guerre mondiale: Claude Choules, un Britannique de 108 ans résidant actuellement à Perth, dans l'ouest de l'Australie, ainsi que l'Américain Frank Buckles, 108 ans également.

Ces soldats n'ont cependant pas servi dans les tranchées: M. Choules était dans la Royal Navy tandis que M. Buckles était ambulancier, avant d'être affecté à la surveillance et l'escorte de prisonniers allemands.

Par ailleurs, un Canadien de 109 ans, John F. Babcock, est également considéré comme vétéran mais il n'a pas combattu. Il était encore en train d'effectuer son entraînement quand la guerre a pris fin. Il réside actuellement aux Etats-Unis. Le dernier "poilu " français, Lazare Ponticelli, s'était quant à lui éteint l'an dernier.

La guerre: "un crime organisé"
Blessé par un éclat d'obus après quatre mois passés dans les tranchées, Harry Patch avait gardé un pacifisme féroce, qualifiant la guerre de "crime organisé". Après l'armistice, il avait travaillé plombier jusqu'à sa retraite au début des années 60.

Il avait entretemps repris du service lors de la Seconde Guerre mondiale, mais cette fois-ci en tant que pompier dans des camps militaires.

Marié, et veuf, à deux reprises, il laisse deux enfants."Nous n'oublierons jamais le courage et le sacrifice énorme de sa génération", a réagi la reine Elizabeth II.

A Paris, le secrétaire d'Etat français à la Défense et aux Anciens combattants, Hubert Falco, a "tenu à rendre hommage à l'un des tout derniers témoins de la Grande Guerre qui s'éteint".

Lors d'un dépôt de gerbes en octobre 2088, M.Patch déclarait: "Il est important de se souvenir du conflit, des deux côtés. Quel que soit l'uniforme porté, on a tous été des victimes".