Fukushima : trois ans après, la catastrophe toujours si proche

Le Japon fête ce mardi un triste anniversaire : il y a trois ans, un tsunami sur la côte orientale de l'île provoquait la mort de 15.880 personnes et un terrible accident nucléaire à la centrale de Fukushima Daïchi. Pas de quoi faire renoncer le gouvernement japonais au nucléaire, malgré une contamination qui n'est toujours pas qu'un souvenir.

(Reuters)

Des images de dévastation qui ont fait le tour du monde. Et la pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, en 1986. L'énergie nucléaire et ses dangers ont éclaté à la face du monde en ce 11 mars 2011. Après un puissant séisme en pleine mer, un tsunami ravage une partie de la côte orientale de l'archipel japonais. Quelques heures plus tard, l'alerte est lancée à la centrale de Fukushima, dans le nord-est du pays, partiellement détruite.

Dans les jours qui suivent, des centaines d'hommes sont mobilisés, au péril de leur vie, pour mener des actions de sécurisation dérisoires sur le site. Certains en paieront le prix de leur vie, vu l'immense niveau des radiations. Entre 1.500 et 2.000 personnes seraient mortes dans les mois qui ont suivi la catastrophe, en relation directe avec l'accident nucléaire, victimes de problèmes de santé insurmontables.

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Entre gestion de l'après et situation de chaos

Trois ans plus tard, une partie de la centrale de Fukushima Daiichi est toujours plongée dans un chaos impressionnant. Près de 450.000 tonnes de liquide hautement radioactif ont été accumulées dans des réservoirs ; plusieurs fuites ont provoqué une pollution de la mer. Tepco, l'entreprise qui gère la centrale, compte démanteler quatre des six réacteurs du site ; on estime qu'il faudra entre 30 et 40 ans, sans que l'on sache vraiment comment cela pourra se faire. Des milliers d'ouvriers du nucléaire sont à la tâche, chaque jour.

Et pendant ce temps, malgré des scandales à répétition comme la vente de fruits, légumes ou de poissons contaminés, certains habitants chassés hors de la zone interdite après la catastrophe, sont peu à peu autorisés à rentrer chez eux.

Contestation internationale

Malgré le drame, le Premier ministre japonais Shinzo Abe plaide coûte que coûte pour la poursuite du recours à l'énergie nucléaire, en contradiction avec son prédécesseur qui, au lendemain de Fukushima, avait annoncé un objectif de "zéro nucléaire" d'ici à 2040. Une question stratégique pour un archipel très dépendant du pétrole et du gaz étrangers, et qui rêve d'indépendance énergétique.

Mais au Japon, la contestation s'est organisée depuis la catastrophe. Le week-end dernier encore, des milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs villes du pays, et notamment à Tokyo, pour crier leur inquiétude face à un avenir incertain. Mais même les opposants désarment peu à peu, face à une opinion qui semble résignée.

A l'étranger, la catastrophe appuie le discours des militants écologistes, qui réclament la fin du nucléaire, et notamment en France où la question est sensible. Sur les 58 réacteurs français, certains nécessitent d'importants travaux pour continuer d'exister. A Paris, Europe Ecologie-Les Verts appelle à un rassemblement ce mardi sur la place de la Bastille. Le Japon se souviendra de son côté que près de 20.000 personnes ont perdu la vie en conséquence plus ou moins directe de la catastrophe de Fukushima.