Exposition universelle 2025 : le comité "veut jouer un pays qui a envie, qui est dans une dynamique"

Pour le maire de Neuilly-sur-Seine et président du comité ExpoFrance 2025, Jean-Christophe Fromantin, la candidature française, après les JO de 2024 à Paris, est une nouvelle occasion "de donner rendez-vous au monde". 

Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly et président du comité EXPOFRANCE 2025.
Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly et président du comité EXPOFRANCE 2025. (PATRICK KOVARIK / AFP)

La France est en lice pour organiser l'Exposition universelle de 2025. Elle a remis officiellement son dossier de candidature vendredi 29 septembre au Bureau International des Expositions, qui annoncera son choix en novembre 2018. Le Japon, la Russie et l'Azerbaïdjan sont aussi sur les rangs.

Pour Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine et président du comité ExpoFrance 2025, la France a une nouvelle occasion, après les Jeux Olympiques, de "donner rendez-vous au monde". Invité de franceinfo vendredi, il explique que cette candidature française est totalement autofinancée, avec "un modèle économique extrêmement innovant", qui pourrait plaire aux autres États.

franceinfo : Il va déjà y avoir les Jeux Olympiques en 2024 à Paris, est-ce que ça ne risque pas de faire trop ?  

Jean-Christophe Fromantin : Je ne pense pas. Vous savez, il y a souvent eu une osmose entre les Jeux Olympiques et l'Exposition universelle. En 1900, à l'occasion de la dernière Exposition universelle qu'a connue la France, les Jeux Olympiques faisaient partie intégrante du programme de l'exposition. Je crois au contraire que l'empathie que manifeste la France vis à vis du monde, en candidatant sur ces deux grands événements, est bien perçu à l'internationale. Le pays avait besoin de retrouver une ambition dans le monde, il a une valeur à porter, une technologie à défendre, des idées à partager, et dans deux registres totalement différents. Elle a là deux occasions de donner rendez-vous au monde.  

J'étais à Astana, au Kazakhstan, il y a quinze jours, où avait lieu la clôture d'une Exposition internationale. J'ai vu une trentaine de pays, et l'idée qu'un événement médiatique allait se dérouler un an après les Jeux Olympiques en France était extrêmement bien perçue. Cela offre toute une série de garanties en matière d'infrastructures, de transports, de sécurité. Les choses seront rodées en 2024 et tout à fait prêtes en 2025. Et puis, ce sont des événements tellement différents ! Une Exposition universelle est un événement sur l'innovation, la culture, les technologies, qui rassemble 50 millions de visiteurs. Là aussi, l'événement médiatique un an avant, pour faire connaître la France est extrêmement bien perçu. Le comité veut jouer gagnant. Il veut jouer un pays qui a envie, qui est dans une dynamique, et non pas un pays qui fait une candidature isolée. Donc je crois que nous avons nos chances.      

Combien cette expo va-t-elle coûter à la France si notre pays l'organise ?  

Dès le départ, j'ai souhaité que la candidature soit à 90% financée sur des fonds privés, et puis nous avons monté un modèle d'un budget de 3,7 milliards d'euros, totalement autofinancé, qui est monté comme une entreprise sans besoin d'argent public. L'acteur public interviendra sur les infrastructures qui sont nécessaires, comme des lignes du grand métro sur Grand Paris Express par exemple, ou le site de Saclay, dans l'Essonne, qui pourrait accueillir l'exposition.  

Je suis très confiant, d'autant plus qu'il y a une aversion à l'argent public sur ces grands événements aujourd'hui. Avec toutes les grandes entreprises qui sont dans notre comité, on a présenté un modèle économique totalement innovant, et je suis sûr que beaucoup de pays seront extrêmement intéressés par cette nouvelle approche parce que ce qui risque d'affaiblir à terme ces grands événements, c'est qu'ils reposent trop sur l'argent public. Retrouver cette idée de les monter comme des entreprises offre des garanties aux États que, vis-à-vis de l'opinion, ces événements ne seront pas perçus comme des gouffres financiers. Et non seulement il est autofinancé, mais il génère 23 milliards d'euros d'impact économique, 50 000 emplois. Ce sont des accélérateurs de croissance et de développement considérables, et je crois que la France ne doit surtout pas s'en priver.      

Si vous obtenez l'organisation, le thème de l'exposition en 2025 sera "la connaissance à partager, la planète à protéger". Ce sera 10 ans après les accords de la COP 21 sur le climat à Paris. Mais un tel événement a forcément un impact environnemental : comment conjuguer ce message pour la planète et un événement écoresponsable ?  

On a totalement revu depuis quatre ans, avec 1 000 jeunes qui ont participé à la candidature, le principe qu'on ne pouvait plus organiser une Exposition universelle comme on les montait il y a quelques années. Donc on a bâti des pavillons qui sont totalement recyclables, configurables, et qui serviront de résidences étudiantes après l'exposition pour que le pays puisse maintenir leurs étudiants sur le site de Saclay. On a monté l'expo avec l'idée d'en faire une exposition à énergie positive, qui produira de l'énergie au-delà de ses propres besoins, avec tout un système de parcs et de jardins, pour reconstituer une biodiversité exceptionnelle. Elle doit être un laboratoire, et le visiteur doit vivre une expérience inédite qui lui montrera tous les grands enjeux de la planète en matière d'environnement et qu'il le montrera de manière extrêmement positive pour l'associer à ces grands défis.