Un proche de Silvio Berlusconi, le publicitaire Giulio Malgara, a été nommé à la tête de la Biennal de Venise.

Jeudi, l'annonce était faite par le ministre de la culture italien. La polémique a gonflé, ce vendredi, tant dans l'opposition qu'au sein du conseil d'administration de la Biennale. Appelé à quitter sa fonction de président du Conseil, Silvio Berlusconi a une fois de plus rejeté l'éventualité de sa démission.

(AFP)

Jeudi, l'annonce était faite par le ministre de la culture italien. La polémique a gonflé, ce vendredi, tant dans l'opposition qu'au sein du conseil d'administration de la Biennale. Appelé à quitter sa fonction de président du Conseil, Silvio Berlusconi a une fois de plus rejeté l'éventualité de sa démission.

La Biennale de Venise, institution culturelle renommée créée en 1983, organise des événements tels que la Mostra de cinéma, ou les Biennales d'art et d'architecture. "Le choix du ministre, dicté par des motifs personnels, est une erreur", a réagi le maire de Venise Giorgio Orsoni, membre du Parti démocrate. "Malgara n'a jamais eu d'intérêts dans le domaine de la culture. Il n'a pas le profil", a-t-il déploré. Giulio Malgara, issu du milieu de la publicité, n'a en effet aucune expérience culturelle.

Vénitien d'origine, il a dirigé pendant 23 ans l'UPA, Utenti pubblicità associati, association des usagers de la publicité, et a entre autres fondé Auditel, la société qui relève l'audimat des programmes audiovisuels, dont il est encore président honoraire.

Amerigo Restucci, recteur de la prestigieuse université d'architecture de la ville, membre de l'administration de la Biennale, s'est dit "très surpris". "Il devrait y avoir une réaction contre cette nomination (...) On aurait pu penser à un homme de culture pour succéder" à Paolo Baratta, a-t-il ajouté.

Paolo Baratta avait été nommé en 2008, après avoir déjà occupé ce poste de 1998 à 2008. Sous son mandat, les espaces d'exposition ont été considérablement augmentés, et la fréquentation a connu une hausse de 13% par rapport à l'édition 2009.

Déjà mis en cause dans trois affaires de corruption et une de moeurs, malmené dans ses propres rangs pour sa gestion de la crise de la dette, le président du Conseil italien a riposté en dénonçant le besoin "obsessionnel" de l'opposition à chercher sa destitution.

"C'est une demande que je juge absurde, qui ne ferait que favoriser l'instabilité et ouvrirait une nouvelle voie à la spéculation financière", dit-il dans un message vidéo adressé aux partisans de sa formation, le Peuple de la liberté (PDL).