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Un livre paru mardi aux USA produit de nouveaux documents appuyant la thèse d'une compromission avec les nazis

Dans "Sleeping with the enemy, Coco Chanel 's secret war" (Au lit avec l'ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel), le journaliste Hal Vaughan affirme que Coco Chanel, amoureuse d'un officier allemand, avait été recrutée en 1940, à 57 ans, comme agent secret du régime nazi.Le groupe Chanel a contesté mardi ces accusations.
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Mlle Coco Chanel, en 1944 à Paris. (AFP)

Dans "Sleeping with the enemy, Coco Chanel 's secret war" (Au lit avec l'ennemi, la guerre secrète de Coco Chanel), le journaliste Hal Vaughan affirme que Coco Chanel, amoureuse d'un officier allemand, avait été recrutée en 1940, à 57 ans, comme agent secret du régime nazi.

Le groupe Chanel a contesté mardi ces accusations.

Certes, reconnaît le groupe Chanel, "ce n'était pas la meilleure période pour vivre une histoire d'amour avec un Allemand, même si le baron von Dincklage était anglais par sa mère et qu'elle l'avait connu avant-guerre". Mais, ajoute le groupe, "il semblerait que Mlle Chanel se soit rapprochée de Winston Churchill pour jouer les intermédiaires entre les Alliés et les Allemands dans la perspective d'un accord de paix".

"Des preuves d'une grave compromission" avec les nazis
Edmonde Charles-Roux
n'est pas loin de partager son avis, elle qui voit dans la créatrice "une femme exceptionnellement intelligente, une lionne, mais (qui) a pris un jour le mauvais chemin en s'appuyant sur l'Allemagne. Pas par ambition, mais dans l'espoir, du moins je l'espère, d'agir pour la paix".

Toutefois, pour Edmonde Charles-Roux, auteure d'une biographie de Coco Chanel publiée en 1974, "Hal Vaughan donne dans son livre des preuves indubitables d'une compromission grave de Mlle Chanel avec les Allemands".

Auparavant, "on en parlait à mots couverts mais Vaughan a pu avoir accès aux archives nazies ouvertes depuis quelques années seulement et il a mis au jour des documents, des ordres de mission. C'est un vrai scoop, ce sont des pièces jamais produites", ajoute Edmonde Charles-Roux, selon qui "la confirmation de sa cohabitation au Ritz avec son amant allemand est aussi un scoop".

"Mademoiselle" était-elle antisémite ?
Dans un extrait publié par The Daily Beast, un site internet d'information américain, la couturière est décrite comme "férocement antisémite bien avant que cela ne devienne un moyen de plaire aux Allemands".

Rejoignant les services allemands d'espionnage, elle aurait pris pour nom de code Westminster, d'après le nom de son ancien amant, le duc de Westminster.

Le rôle de Coco Chanel durant la Seconde Guerre mondiale conserve "une part de mystère", mais "on ne peut pas laisser dire" que la couturière était antisémite, conteste aussi le groupe Chanel, toujours aux mains de la famille Wertheimer. Il souligne que Coco entretenait des relations "avec la famille propriétaire", mais aussi avec "la famille Rothschild, le photographe Irving Penn ou l'écrivain français Joseph Kessel".

"Je ne l'ai moi-même jamais entendue tenir des propos antisémites, je ne l'aurais pas supporté", a ajouté Edmonde Charles-Roux, rappelant avoir "vu Chanel presque tous les jours pendant dix ans".

Dans son livre, Hal Vaughan assure également que, par ses contacts avec les nazis, la couturère aurait cherché à prendre le contrôle du parfum Chanel, dont elle ne possédait qu'une petite part.

"Gabrielle Chanel était une femme de caractère. Comme beaucoup de créateurs, elle ne s'était jamais totalement résignée à avoir cédé ses droits de fabriquer et de vendre ce qu'elle considérait comme 'ses' parfums", admet le groupe. "Et quand l'occasion de pouvoir profiter d'une loi lui permettant de reprendre ses parfums, 'son oeuvre', s'est présentée, elle l'a saisie et a d'ailleurs échoué", ajoute-t-il.

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